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vendredi 19 février 2016

La 5e vague, de Rick Yancey

Résumé :

1e Vague : extinction des feux. 2e Vague : déferlante. 3e Vague : pandémie. 4e Vague : silence. La 5e Vague arrive...
À l'aube de la 5e Vague, sur une autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper... Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés. Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu'à ce qu'elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son ultime espoir de sauver son petit frère. Du moins si Evan est bien celui qu'il prétend...

Collection R
608 pages ; 18.50€
Publié le 16 mai 2013

Au moment de sa parution, La 5e vague était un peu le coup de cœur universel, LE livre dont tout le monde parlait en le couvrant d’éloges. Forcément, tout ça a intrigué la bonne lectrice de YA que je suis, et je m’étais offert le bouquin, que je n’avais malheureusement pas pris le temps de lire par la suite. C’est finalement la sortie de l’adaptation cinématographique qui m’a décidée à le sortir de ma PAL et j’avoue ne pas le regretter, ayant beaucoup apprécié ma lecture.

L’histoire est à la base celle de Cassie, une adolescente qui se retrouve seule après avoir perdu sa famille à cause des « Autres », ces sortes d’extraterrestres qui envahissent la Terre pour une raison que personne ne connaît mais qui les pousse à exterminer les humains presque un à un. Séparée de son petit frère qu’elle croit toujours en vie, Cassie n’a qu’une idée en tête : le retrouver et le sortir des griffes de ceux qui l’ont emmené. Mais ça, c’est l’histoire de base, l’histoire qui reste en surface et que l’on sert en résumé à tous ceux qui n’ont pas lu le livre, car ce dernier va plus loin, beaucoup plus loin que ça, et c’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié.

Rick Yancey a un style particulier, une écriture développée qui sert une narration originale où les personnages s’adressent à nous au fil de leurs pensées. C’est un peu comme si l’auteur écrivait au fil de sa plume, laissant les personnages nous raconter leur histoire comme bon leur semble : au présent, à la première personne – parfois à la deuxième personne du pluriel, nous interpellant comme pour nous donner voix au chapitre. C’est très spécial mais c’est aussi ce qui donne un rythme soutenu à une histoire qui reste quand même très progressive, voire parfois un peu lente. Je m’attendais à des scènes d’action en pagaille et me suis retrouvée décontenancée en découvrant qu’en fait, il n’y en avait pas tant que ça. Mais attention, ça ne veut pas dire que le livre est ennuyant – au contraire, en fait. L’intrigue n’en est pas moins intense, et je me suis retrouvée happée dans l’univers créé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, comme si je vivais les choses en temps réel et qu’il en allait de ma santé mentale de savoir ce qui allait se passer (bon, j’avoue, j’exagère… mais vous saisissez le principe :P)

La construction du livre nous permet de changer de points de vue au fur et à mesure des événements, et c’est un aspect qui m’a beaucoup surprise. Le fait que le résumé nous parle uniquement de Cassie m’a fait penser, à tort, qu’on ne suivrait que ce personnage. Or, Rick Yancey nous offre différents points de vue avec deux voix majeures : celles de Cassie et de Zombie. Et là où j’ai été encore plus étonnée, c’est lorsque je me suis rendue compte que le point de vue de Zombie était, à mes yeux, le plus intéressant. Je pensais que celui de Cassie me parlerait le plus et qu’il serait celui qui ferait le plus avancer l’histoire, mais je n’aurais pas pu me tromper davantage car s’il reste très intéressant au départ, et très intense sur la fin, au milieu… le récit de Cassie perd de sa superbe. Mais il est compensé par une histoire captivante du côté de Zombie où révélations, suspicions et actions s’enchaînent avec brio. J’en arrivais même à regretter les moments où nous revenions à Cassie, c’est dire…

La construction du livre nous permet donc de découvrir l’histoire dans son ampleur et de comprendre davantage le monde mis en place par l’auteur, mais pas seulement : elle nous permet aussi de faire la connaissance d’un grand nombre de personnages, et j’avoue que j’en ai été reconnaissante car au bout d’un moment, Cassie a commencé à m’agacer un peu. C’est un personnage intéressant et très sympathique, mais son caractère de cochon était parfois un poil énervant, de même que ses réactions avec Evan. Il est vrai que le contexte n’aide pas vraiment à avoir un comportement censé, et qu’on peut trouver des circonstances atténuantes au côté précipité de la romance… mais quand même, certains passages m’ont alors semblés bien longs. Du coup, j’étais assez soulagée lorsque l’on basculait vers le point de vue de Zombie. Ce dernier m’a d’ailleurs plus touchée que je ne le pensais au départ, et j’ai adoré, adoré, adoré la relation qu’il a noué avec Nugget dès que celui-ci est apparu dans l’histoire. C’était tellement touchant ! Et c’est aussi ce qui m’a le plus manqué dans le film, lorsque je suis allée le voir (je vous en reparle juste après).

En résumé, La 5e vague est donc un livre que j’ai beaucoup aimé – une dystopie qui m’a rappelé pourquoi j’apprécie autant ce genre. J’ai adoré me plonger dans cette histoire et j’en suis ressortie avec l’envie de savoir ce qui allait se passer par la suite, car la fin est pleine de promesses. Ce n’est pas un coup de cœur pour quelques petites raisons qui font que je n’ai pas eu LA révélation, mais c’est un très bon roman d’anticipation que je conseille à tous ceux qui en sont friands… ou à tous ceux qui sont curieux de le découvrir, tout simplement.


Un petit mot sur l’adaptation cinématographique ?

 Je l’ai bien appréciée, mais je l’aurais certainement aimé davantage si le livre n’avait pas été aussi frais dans mon esprit.
J’avais encore en tête tous les détails du bouquin, tous les aspects qui m’avaient conquise lors de ma lecture et que j’attendais de voir à l’écran… ce qui fait que pas mal de petites choses m’ont gênée. Des changements que je ne trouvais pas forcément judicieux, même s’ils étaient mineurs, une romance moyennement  utile et surtout, un lien assez bâclé entre Zombie et Nugget – alors que ce lien est justement à mes yeux le gros point positif du livre.
Le film est donc dans l’ensemble assez fidèle, mais il manque d’un peu de saveur à mon goût. Ceci dit, j’assume entièrement ma subjectivité et reconnais que je l’aurais sûrement bien plus apprécié dans d’autres circonstances, comme ça a été le cas pour beaucoup de lecteurs :) Je vous laisse avec la bande-annonce pour un petit aperçu !


vendredi 7 juin 2013

Le prince d'été, d'Alaya Dawn Johnson

Résumé :

Sur la côte de ce que l’on appelait jadis le Brésil, ce sont les femmes qui dirigent la légendaire ville-pyramide de Palmares Três. La Reine ne cède le pouvoir à un homme qu’une fois tous les cinq ans, à un Roi d’été dont l’histoire enfiévrera la cité le temps d’une année.
Pour June Costa, la vie n’est qu’art. Ses œuvres impressionnent ses professeurs autant que ses camarades. Elle rêve de remporter le prestigieux Trophée de la Reine. Un rêve qu’elle n’avait jamais remis en question… jusqu’à ce qu’elle rencontre Enki.
Fraîchement élu Roi d’été, Enki est le garçon dont tout le monde parle. Mais lorsque June le regarde, elle voit bien au-delà de ses fascinants yeux d’ambre et de sa samba ravageuse : elle reconnaît en lui un artiste total.
Follement amoureuse, June décide alors de créer avec lui un chef-d'oeuvre qui restera gravé à jamais dans les mémoires.
Mais le temps leur est compté. Car, comme tous les Rois d'été qui l'ont précédé, Enki va devoir être sacrifié.

Collection R
431 pages ; 17.90€
Publié le 28 mars 2013

Il faut savoir que commencer Le prince d’été revient à entrer dans une pièce plongée dans le noir et à se laisser guider par l’auteur pour trouver son chemin… un chemin qu’elle ne va pas faciliter, bien au contraire. C’est un livre qui va au-delà du surprenant et qui n’est pas passé très loin du coup de cœur.

Palmares Três est une ville fictive, de forme pyramidale, qui a été bâtie selon des plans japonais là où se trouve actuellement le Brésil. Dans ce décor hautement évolué sur le plan technologique, le pouvoir revient aux femmes, c’est-à-dire à la Reine et aux Tantes qui la secondent, et la tradition veut que chaque année, un nouveau Roi accède au pouvoir avant d’être sacrifié. Une tradition que June ne remettait pas à en cause… jusqu’à l’élection d’Enki.

Aucun résumé ne peut rendre justice à cette histoire. Aucun. Que ce soit la présentation officielle, la quatrième de couverture, celui que je viens d’écrire ou ceux que vous trouverez sur d’autres blogs / sites. Alaya Dawn Johnson a réussi à me surprendre au-delà du possible et à proposer une histoire qu’il est impossible de décrire en un paragraphe. Rien ne se passe comme on l’imagine, l’auteur nous amène vraiment là où elle veut sans même que l’on se doute de ses intentions. Lire ce livre, c’est tâtonner dans l’obscurité la plus complète sans aucune certitude à laquelle se raccrocher. Et s’il y a quelque chose que j’apprécie énormément, c’est bien ça : avoir la sensation grisante d’avancer à l’aveuglette, aller vers l’inconnu, prendre des risques. C’est le genre d’histoire avec laquelle on accroche ou on n’accroche pas, mais qui, dans tous les cas, marque les esprits par sa singularité.

Les premières pages m’ont donné quelques difficultés pour visualiser le monde créé par l’auteur et me familiariser avec l’univers de Palmares Três… mais une fois qu’on prend ses repères, la lecture devient un véritable plaisir. L’univers créé par l’auteur déborde d’excentricités et peut se révéler aussi sombre que festif, mais il est dans tous les cas unique et véritablement déconcertant. L’intrigue sort réellement des sentiers battus et part parfois dans des directions inattendues qu’il est très intéressant de découvrir. L’auteur n’hésite pas à casser les codes du genre et à user de nombreux stratagèmes pour étonner ses lecteurs… et ça marche.

Les personnages font partie des éléments qui m’ont le plus surpris. Ils sont loin d’être ceux que je m’étais imaginé et ils ne sont pas vraiment de ceux auxquels on s’identifie… mais on s’y attache, d’une certaine façon. Ils m’ont parfois agacé, parfois laissé bouche bée et parfois beaucoup émue. Ils sont vraiment… particuliers, mas cette particularité n’est pas péjorative, et j’ai pris beaucoup de plaisir à les découvrir. Que ce soit Gil, le fidèle ami à la sensibilité touchante, Enki, le Roi d’été à l’esprit vindicatif, ou la famille de June, à laquelle je me suis attachée… sans oublier les autres personnages et surtout June elle-même, qui n’est pas exempte de défauts, mais  reste une héroïne qu’il est agréable de suivre.

La construction particulière du récit m’a également beaucoup plu. Celui-ci se compose en effet de quatre parties (consacrées à chaque saison) et non pas de chapitres, ce qui est une véritable arnaque… dans le sens où on ne s’arrête plus de lire ! La curiosité l’emporte largement sur la raison et on se retrouve à engloutir des dizaines et des dizaines de pages sans même pouvoir se servir l’excuse du « au prochain chapitre, j’arrête ». Surtout au début, vu que la fin est en quelques sortes plus lourde à lire… la politique y tenant une importance non négligeable. Ces passages m’ont paru un peu plus longs que les autres, mais restent quand même empreints d’originalité et d’ingéniosité.

Tout ça est déjà bien beau, mais le plus bel atout de ce roman réside – à mon avis – dans la place que tient l’Art dans ce texte. Et quand je parle d’Art, c’est dans son sens le plus pur, le plus beau. Décliné sous toutes ses formes, il fait partie de chaque personnage, de chaque lieu, de chaque mot de cet ouvrage. On le retrouve dans la danse, la peinture, la musique,… il est synonyme d’expression, de liberté, parfois même de transgression. Et les descriptions qui en découlent sont justes et vraiment touchantes. L’Art est à la base de tout et l’auteur n’aurait pas pu lui faire de plus bel hommage. J’ai juste trouvé dommage qu’il perdre un peu de son ampleur dans la deuxième moitié du livre, bien que certains moments lui restent entièrement consacrés… (et tant mieux !).

En résumé, vous l’avez compris, j’ai vraiment adoré ma lecture. Le prince d’été est un roman exotique et déroutant qui déborde de surprises et qui a été au-delà de mes attentes en comparaison bien fades. Comme je l’ai dit, je ne suis pas passée loin du coup de cœur. Donc un conseil : laissez-vous tenter ! Il vaut sincèrement le coup :)

Mention spéciale pour la couverture, qui est à la fois superbe et parfaitement représentatrice de l'histoire !

jeudi 1 novembre 2012

Night school T1, de C.J. Daugherty

Résumé :

Allie Sheridan déteste son lycée. Son grand frère a disparu. Et elle vient d’être arrêtée. Une énième fois. C’en est trop pour ses parents, qui l’envoient dans un internat au règlement quasi militaire. Contre tout attente, Allie s’y plaît. Elle se fait des amis et rencontre Carter, un garçon solitaire, aussi fascinant que difficile à apprivoiser. Mais l’école privée Cimmeria n’a vraiment rien d’ordinaire. L’établissement est fréquenté par un fascinant mélange de surdoués, de rebelles et d’enfants de millionnaires. Plus étrange, certains élèves sont recrutés par la très discrète ” Night School “, dont les dangereuses activités et les rituels nocturnes demeurent un mystère pour qui n’y participe pas. Allie en est convaincue : ses camarades, ses professeurs, et peut-être même ses parents, lui cachent d’inavouables secrets. Elle devra vite choisir à qui se fier, et surtout qui aimer...

Collection R
468 pages ; 17.90€
Publié le 10 mai 2012

Night school est le premier roman de la collection R que je lis et, comme tous ceux qui font partie de cette collection, il me faisait de l’œil depuis un bon moment. C’est dans le cadre du challenge LDPA2 mis en place sur Livraddict que j’ai pu me lancer, grâce à newhope, qui me l’a judicieusement choisi. Merci à elle :)

Allie est une adolescente à problème : après qu’elle ait été arrêtée trois fois en un an, ses parents décident de l’envoyer à Cimmeria, une école privé dont elle n’avait jamais entendu parler et où sa présence suscite des questions. Pourquoi est-elle ici alors qu’elle ne semble avoir aucun lien avec cette école, contrairement aux autres élèves ? Et à qui faire confiance ?

Aux alentours de la sortie française de ce roman, j’ai lu de nombreux avis, la plupart élogieux, sur ce dernier. Et même si, de mon côté, je n’ai pas vraiment eu un « coup de cœur », je dois avouer que j’ai vraiment savouré ma lecture. Aux premiers abords, il n’y a rien de vraiment original : l’admission de l’héroïne dans une école spéciale où elle va devoir s’intégrer, sa rencontre avec les autres élèves, les amitiés qui vont se créer, les « ennemis » qui vont venir ternir le tableau, le beau petit-ami ou plutôt le fameux triangle amoureux,… bref, on pourrait facilement s’ennuyer et ne trouver aucun nouvel intérêt à lire ce bouquin. Mais, car oui il y a un mais, ces éléments ne m’ont pas dérangé. Le schéma a beau être classique, il est ici efficace, et je n’ai eu aucun mal à m’immerger dans l’histoire.

Côté personnages, là encore, on retrouve plus ou moins le même type de personnes : les deux beaux garçons qui vont miraculeusement s’intéresser à la petite nouvelle, la fidèle amie plutôt joyeuse et entraînante qui va la prendre sous son aile dès son arrivée, la garce de service qui, verte de jalousie, va causer quelques problèmes,… mais, comme ce que je disais plus haut, ce n’est pas quelque chose qui m’a spécialement dérangé. Ça m’a certes fait sourire, parfois, mais ça ne m’a pas exaspéré, d’autant plus qu’ils ont tout de même un petit quelque chose qui les rendent uniques, importants mais avant tout attachants. Et il y a Allie, avec son caractère un peu borné, ses bonnes réparties mais aussi ses crises d’angoisse, ses tourments et ses doutes. J’ai pris beaucoup de plaisir à faire sa connaissance et surtout, à ses suivre toutes ses mésaventures, même si elle peut parfois avoir des réactions exaspérantes.

L’écriture de l’auteur est vraiment sympathique, agréable à lire, et l’intrigue est plutôt bien menée. Certaines révélations sont un peu lentes à venir, ce qui rend la première partie un peu longue comparée à la deuxième, mais pas lassante, et la curiosité prend toujours le dessus. En tout cas, ça a été le cas pour moi. Au final, on y retrouve un peu de tout : de belles petites intrigues amoureuses, des relations d’amitié, des rebondissements et des révélations, des secrets, des complots, pas mal de remises en question, de mystères, de l’action… c’est-à-dire un peu tout ce qu’il faut pour m’avoir donné envie de rester au chaud sous la couette, à le dévorer avec un bon chocolat chaud !

Voilà voilà, je crois que j’ai fait le tour. Night school est un roman vraiment complet, riche en éléments, qu’il est très agréable de découvrir et qui, plus qu’une simple introduction, se révèle être un bon premier tome à une série qui promet d’être intense. J’ai passé un très bon moment de lecture et je sais par avance que je lirais, avec grand plaisir, la suite. Le tome 2 est d’ailleurs prévu pour le 22 novembre prochain… donc très bientôt ! Alors je propose que l'on se quitte... avec la couverture :)