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jeudi 10 décembre 2015

Maintenant qu'il est trop tard, de Jessica Warman


Résumé :

Les adultes font la fête à l'étage, le soir du nouvel an. Samantha veille avec Remy, son meilleur ami, sur sa petite soeur, Tabitha. Elle dort paisiblement à leurs côtés. Soudain le père Noël entre dans la pièce, attrape Tabitha et l'emporte sous leur regard impuissant. À 17 ans, Sam revient avec sa famille sur les lieux du drame. La jeune fille retrouve Remy. Ensemble, ils réalisent qu'ils ont peut-être envoyé la mauvaise personne en prison... 

Pocket Jeunesse
280 pages ; 15.90€
Publié le 14 octobre 2015


Jessica Warman est une auteur que j’apprécie beaucoup. Les deux premiers romans traduits qui me l’ont fait découvrir, Reste avec moi et Notre secret, avaient été des petits coups de cœur. Tous deux m’avaient touchée et j’étais certaine qu’il en irait de même avec cette nouvelle histoire. Petite déception, donc, dans le sens où je n’ai pas été aussi saisie d’émotions par Maintenant qu’il est trop tard que par les deux autres… bien que son intrigue ait été aussi poignante que ce que je m’imaginais, et qu’il reste malgré tout un très bon livre dans son genre.

La quatrième de couverture nous dit tout ce qu’on a besoin de savoir avant de commencer ce livre : l’héroïne que l’on suit a été témoin, avec son plus proche ami, de l’enlèvement de sa petite sœur à l’époque âgée de quatre ans. Quelques années plus tard, la voilà de nouveau dans la maison de son enfance, là où tout a basculé, là où tout s’est déroulé. Mais plus rien n’est comme avant. Dans cette situation un peu bancale et difficile, les souvenirs ressurgissent, les doutes apparaissent. Petit à petit, Sam nous raconte ce qui s’est passé lors de ce fameux réveillon du nouvel an 1986.

Ce livre se lit très, très rapidement. Non seulement il est assez court (moins de 300 pages, police assez importante) mais en plus il est, dans son genre, assez captivant. C’est assez étrange car il ne se passe grand-chose tout au long du livre, mais on a envie d’aller jusqu’au bout pour savoir ce qui s’est passé le soir de l’enlèvement, et pour démêler les divers éléments que nous exposent Sam au fil de sa narration. Les doutes n’apparaissent vraiment que vers la fin, mais l’auteur nous glisse des indices dès le départ, chaque chapitre titillant ainsi notre curiosité, nous conduisant à poursuivre encore et encore notre lecture.

Je n’avais pas l’impression d’être transcendée par ce que je lisais ou d’être particulièrement attachée aux personnages, mais j’avais envie de démêler le vrai du faux et d’obtenir enfin des réponses aux questions soulevées. Sans avoir adoré les divers protagonistes, je me sentais quand même concernée par ce qu’ils vivaient. J’avais mal pour eux et j’avais envie de savoir où toutes les nouvelles réflexions de Sam, où tous les nouveaux éléments de l’histoire allaient les mener. Parce que tout cela est quand même assez dérangeant. Voir ce que ce drame a causé à la famille de Sam, assister à ce qu’ils vivent chaque jour depuis dix ans… c’est dur, et quelque peu éprouvant. Mais j’ai quand même été moins émue que ce à quoi je pouvais m’attendre.

En résumé, Maintenant qu’il est trop tard nous raconte une histoire difficile et captivante qui se déroule dans une ambiance assez trouble, limite malsaine, qui va de pair avec le sujet même de l’intrigue brillement construite par l’auteur. C’est efficace car j’ai lu ce livre en une journée, motivée par le besoin de savoir ce qui c’était réellement passé, mais j’ai tout de même été un poil déçue, m’attendant à plus d’émotions. Alors est-ce qu’entre temps, mes attentes se sont renforcées, ou est-ce que je n’étais simplement pas dans la bonne période pour le lire … ? Je l’ignore. Mais le fait est que, cette fois, il ne s’agit pas d’un coup de cœur, juste d’une belle petite lecture rapide, prenante et quand même assez tristounette, dans l’ensemble.

vendredi 7 février 2014

Notre secret, de Jessica Warman

Mini Coup de ♥
Résumé :

Alice et Rachel sont jumelles. Identiques. Elles ont pourtant chacune un caractère bien différent et partagent un lien mystérieux qu'elles seules comprennent. Parfois, Alice et Rachel échangent leurs identités sans que personne ne s'en rende compte. Comme un jeu qui les amuse, sans conséquences. Mais un jour, lors d'une fête foraine avec leurs amis, Rachel disparaît. Alice est morte d'inquiétude, puis terrifiée lorsqu'elle commence à voir apparaître sur son corps des blessures étranges.

Territoires (Fleuve éditions) 
464 pages ; 17.50€ 
03 octobre 2013

Notre secret est le deuxième roman de Jessica Warman publié dans la collection Territoires, et c’est une fois de plus une très bonne surprise, je dirais même un « mini coup de cœur ». Il est très différent de Reste avec moi, mais le style de l’auteur m’a une fois de plus conquise et l’histoire était juste captivante. Etrange et dérangeant, ce bouquin m’a tenu en haleine du début à la fin et j’en suis ressortie toute retournée.

Comme le dit le résumé, Alice et Rachel sont des jumelles identiques, ce qui leur permet d’échanger leur place dès qu’elles ressentent le besoin d’échapper à ce que les autres attendent d’elles ou tout simplement de changer de vie, d’être quelqu’un d’autre le temps de quelques heures. Elles font ça régulièrement sans que personne ne s’aperçoive de la supercherie. Pourtant, Rachel et Alice sont très différentes l’une de l’autre : il y a la « bonne jumelle », qui, responsable et discrète, fait tout ce qu’on lui dit et est appréciée de tous, puis il y a la « mauvaise » jumelle, qui file du mauvais coton et semble s’attirer les ennuis. Un soir, alors qu’elles profitent d’une fête avec leurs amies, Alice disparaît mystérieusement, laissant sa jumelle terriblement inquiète. Mais personne ne prend le mauvais pressentiment de Rachel au sérieux car tous pensent qu’Alice a encore fugué. Mais Rachel sent que quelque chose ne va pas, et quand son corps se couvre de bleus sans aucune raison, elle est certaine que sa sœur est en danger. Mais comment expliquer ça à son oncle et sa tante, à la police, à ses amis… sans qu’on ne la prenne pour folle ?

Pour tout vous dire, cette lecture m’a mis mal à l’aise à plus d’un égard, mais d’une façon terriblement efficace. Je me souviens avoir lu le premier chapitre tard un soir (parce que je ne pouvais pas attendre le lendemain pour voir dans quoi j’allais m’engager ^^) et en être ressortie bizarre, légèrement tendue… Le malaise est palpable dès les premières lignes et il ne m’en a pas fallu plus pour avoir la boule au ventre et redouter ce que je savais très bien qu’il allait se passer. Jessica Warman est vraiment douée pour manier les émotions de ses lecteurs et faire monter la pression tout au long de son récit, créant une atmosphère à la fois oppressante et prenante. Je lui tire mon chapeau pour avoir su me faire trembler, douter et stresser au fur et à mesure que je tournais les pages, partagée entre le désir de découvrir la vérité et l’appréhension que je ressentais à l’idée de poursuivre ma lecture et de lire la fin… que j’ai d’ailleurs trouvé aussi réussie que forte et bouleversante. Un grand, grand moment.

Les personnages font également partie de ce que j’ai aimé dans ce livre car ils sont loin d’être parfaits tout en étant tellement attachants. J’avais relevé une phrase dans Reste avec moi, une phrase qui m’avait marqué et que j’avais d’ailleurs partagée dans ma chronique, et qui disait : « Apparemment, personne n’est tout noir ou tout blanc. Le gris a l’air universel. » Cette citation, tellement vraie, s’applique une fois de plus aux protagonistes de ce roman. Que ce soit Alice, que tout le monde critique pour son manque de responsabilité et ses erreurs à répétition, Rachel, que tout le monde adore mais qui semble elle aussi avoir ses propres secrets, leur oncle et leur tante, qui s’occupent d’elles depuis la mort de leurs parents mais ont aussi leur défaut, ou leur cousin, qui est « différent » mais si touchant… tous ont leur propre caractère, leurs propres particularités qui les rendent si réels, si humains. Je me suis attachée à eux, j’ai souri et presque pleuré pour eux, j’ai angoissé pour eux… Et mine de rien, c’est le genre de choses qui peut vraiment faire la différence entre un bon livre et un très bon livre – celui-ci se trouvant bien sûr dans cette deuxième catégorie.

Durant ma lecture, je n’ai cessé de douter, que ce soit sur la nature des évènements, la santé mentale des personnages, ou l’identité / la culpabilité de certaines personnes… l’auteur joue énormément sur nos ressentis, sur notre perception de l’intrigue, sur les limites entre le réel et le fantastique et c’est à la fois efficace et dérangeant, presque flippant, car on se pose question sur questions. Existe-t-il vraiment un lien entre Rachel et Alice ? Qu’est-ce qui est arrivé à la jumelle disparue ? Lui est-il seulement arrivé quelque chose et si oui, qui est le coupable ?

Vous l’avez compris, ce livre est en fait le cocktail parfait pour nous rendre fous. Ma lecture a été intense, incroyablement prenante mais aussi remplie d’émotions. Si vous ne l’avez pas lu, je vous conseille très sincèrement de réparer cette erreur et de vous plonger dans ce fabuleux thriller YA à l’atmosphère saisissante ! Vous n’en ressortirez pas indemnes ;)

samedi 3 novembre 2012

Reste avec moi, de Jessica Warman

Mini Coup de ♥
Résumé :

Quand la perfection et la beauté cachent une terrible vérité.

Elizabeth menait une vie de rêve. Presque parfaite… Le jour de ses 18 ans, elle meurt brutalement. Meurtre ou accident, qui pourra le découvrir ? Une seule personne : Elizabeth elle-même. 



Territoires (Fleuve noir)
  478 pages ; 17.50
05 avril 2012


Reste avec moi est un de ces nombreux livres qui me tentaient avant même leur parution française et que j’avais hâte de découvrir. Pour autant, j’avoue avoir eu quelques appréhensions quant à cette lecture, qu’on apparentait souvent au livre de Lauren Oliver, Le dernier jour de ma vie (qui fait partie de mes livres coups de cœur). C’est vrai que sur le fond, il y a quelques similitudes au niveau du thème. Cependant, on est loin, très loin de se retrouver avec deux répliques de la même histoire sur les bras. Et Reste avec moi m’a touchée, énormément touchée. J’ai adoré.

Liz meurt le jour de ses dix-huit ans, alors qu’elle célébrait son anniversaire sur le bateau de sa famille avec ses meilleurs amis. Mais son fantôme subsiste et se retrouve en compagnie d’Alex, qui est lui-même décédé depuis environ un an. Ensemble, ils vont essayer de découvrir ce qui s’est réellement passé en suivant leurs proches, dans leur quotidien, mais également en réexplorant leurs propres souvenirs à la recherche d’indices, avec pour seul objectif : reconstituer le puzzle de leur vie, de leur mort, et découvrir la vérité.

Dans les avis que j’ai pu lire sur ce bouquin, le point négatif qui ressortait, c’était les personnages. Eh bien pour moi, c’est l’un des gros points positifs. Pas parce qu’ils sont particulièrement adorables, mais parce qu’ils sont profonds, voire complexes. Il y a une citation que je n’ai pas pu m’empêcher de relever dans le livre, page 434 : « Apparemment, personne n’est tout noir ou tout blanc. Le gris a l’air universel. ». Je trouve que cette phrase est un parfait résumé de ce que j’ai pu penser des personnages. A commencer par Liz et sa bande. Ils paraissent superficiels, mauvais, creux, absolument pas agréables. Des petits gosses de riches insupportables qui prennent tout pour acquis et ont une vie parfaite. Mais au fond, et malgré tous les défauts qu’ils peuvent avoir, il y a plus. Il y a des traumatismes qui remontent à l’enfance, des problèmes qu’ils s’efforcent de cacher, des complexes qu’ils essayent d’ignorer, des manques qu’ils essayent de combler. Ils ont certes maintes et maintes défauts, mais ils ont aussi certaines qualités. Donc malgré tout, on finit par s’y attacher. Par être touchée, par ce qui leur arrive. Donc je tire mon chapeau à l’auteur pour avoir créé des personnages tout en nuances, et joliment développés.

Ceci étant dit, je dois dire que le reste m’a tout autant charmé. L’intrigue a beau ne pas être si originale que ça, de même pour les révélations, j’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur a choisi de construire son histoire. Liz n’est pas quelqu’un de très sympa, aux premiers abords, mais au fur et à mesure qu’on découvre son histoire, et qu’elle essaye de se rappeler, de découvrir ce qui s’est vraiment passé, elle devient touchante. Alex, lui, est très différent : vivant, il faisait partie de ceux qui déjeunaient seuls, considérés comme inintéressants, trop pauvres pour être remarqués par Liz et sa bande. Seul compagnon de Liz dans cette « non-vie » qui est maintenant la leur, il va lui faire ouvrir les yeux sur la vie qu’elle avait, et l’aider à comprendre de nombreuses choses. Il fait un peu figure de moralisateur  et j’ai beaucoup aimé le lien qui va peu à peu s’établir entre eux, sans qu’il n’y ait pour autant de romance ou quoi que ce soit.

Durant une bonne partie du roman, j’avoue qu’il ne se passe pas grand-chose d’important. On nage dans le flou, on navigue parmi les souvenirs, on évolue dans le présent. Mais l’écriture de l’auteur a quelque chose de réellement prenant et j’ai accroché dès les premières lignes avec sa plume. Elle est débordante d’émotions et en même temps très juste dans les descriptions, qui ne sont ni trop étoffées, ni trop survolées. Et puis les messages qu’elle nous délivre à travers cette histoire sont assez bouleversants et vraiment marquants. J’adore, j’adore, et j’adore.

Pour conclure, et bien je dirais que ce livre est en quelque sorte un coup de cœur car malgré ses aspects de déjà vu, il est fort, incroyablement poignant. Le fond est tellement beau et tellement touchant qu’on oublie les quelques défauts qu’il est possible de relever, comme le fait que le dénouement n’est pas vraiment une surprise ou qu’on élucide facilement certainement éléments. J’ai sincèrement été surprise de voir à quel point les sujets traités dans ce roman sont durs et à quel point j’ai été émue par cette histoire. Un livre à lire, sans hésiter, car il vaut vraiment le coup. J’en ai eu les larmes aux yeux.

Un grand merci aux éditions Fleuve noir (Territoires) pour cette belle découverte ♥