Mini Coup de ♥
Quatrième de couverture :
Faites que j'arrive à temps. Faites que je rencontre l'Ombre. Celui qui peint dans la nuit. Qui peint des oiseaux pris au piège sur les murs de brique et des gens perdus dans des forêts fantômes. Qui peint des garçons au coeur couvert d'herbes folles et des filles fauchant ces herbes à la tondeuse. Un type qui peint des choses pareilles est forcément quelqu'un dont je pourrais tomber amoureuse.
Albin Michel Wiz
300 pages ; 13.50€
Publié le 03 janvier 2013
Dès que j’ai entendu parler de Graffiti Moon sur la page facebook des éditions Albin Michel, j’ai su qu’une fois de plus, j’allais être conquise par
la collection WIZ. La couverture, le résumé et les premiers extraits proposés
m’avaient mis l’eau à la bouche et j’attendais janvier avec impatience pour
pouvoir le découvrir. Maintenant que c’est fait, je peux vous confirmer que mes
attentes ont été comblées. Graffiti Moon est un livre rempli d’arts, de poésie,
de sentiments à partager et de douces émotions. A sa façon, eh bien… je crois
que c’est un de mes nouveaux petits coups de cœur.
L’histoire se déroule en Australie : Lucy, une adolescente qui
vient de terminer le lycée, est passionnée d’arts et ne rêve que d’une seule
chose : rencontrer l’Ombre, qui peint des fresques dans toute la ville
avec son ami le Poète, transformant un simple mur en œuvre d’art. Un soir, avec
ses deux amies et des garçons qui se proposent de les accompagner, dont Ed,
elle part à la recherche de l’Ombre qui la fascine tant, sans savoir qu’il est
juste à ses côtés. S’ensuit toute une nuit de quête qui va gagner en profondeur
et mener les personnages à se dévoiler, à faire face à la vérité.
Il y a des livres qui nous touchent parce qu’ils débordent d’émotions,
ou parce que leur richesse les rend captivants, ou parce que leur thème se
révèle poignant. Puis il y a des livres qui, de par leur simplicité, nous
touche tout autant, et Graffiti Moon fait partie de ceux-là. Le style en
lui-même n’est pas exceptionnellement travaillé dans le sens où on n’y retrouve
pas de longs paragraphes de descriptions, mais il est juste, direct voire bruit,
tout en baignant dans un univers rendu poétique et imagé par l’omniprésence de
l’art. Il y a plus de dialogues que de narration mais, loin de rendre le livre
superficiel, ce choix lui apporte un aspect, disons, « aérien » qui
lui va merveilleusement bien. Les chapitres sont courts, les pages défilent
toutes seules et on ne peut décoller le regard des lignes qui se présentent à
nous, le sourire aux lèvres et le cœur chaud.
L’alternance des points de vue nous permet de voir l’histoire selon
deux perspectives. D’un côté, on découvre Lucy, avec son goût pour l’art, sa
personnalité un peu à part, sa répartie bien cinglante, ses parents un peu
excentriques mais aussi et surtout sa fascination pour l’Ombre. C’est une
adolescente sérieuse et intelligente, mais avant tout rêveuse, et je l’ai
énormément apprécié. Elle paraît un peu naïve au début, et on a envie de lui
dire « mais mince, ouvre les yeux, l’Ombre = Ed et Ed = l’Ombre ! »
mais elle est si attachante qu’on lui pardonne tout. J’ai vraiment pris
beaucoup de plaisir à la suivre et à partager son histoire. Surtout avec ses
parents, en fait, car si ça n’est pas un élément clé de l’histoire, il reste
fondamental pour sa propre histoire à elle. A travers son point de vue, on fait
également la connaissance de Jazz et Daisy et elles aussi sont très
attachantes, à leur façon. Un peu folles mais toutes gentilles.
Puis de l’autre côté, nous avons Ed, qui est l’Ombre. Dès le départ,
il sait que Lucy est fascinée par ses fresques, mais il ne lui dit rien.
D’abord, car il ne le veut pas. Et ensuite, car il ne veut pas la décevoir.
Pour elle, l’Ombre est quelqu’un de bien, quelqu’un d’intelligent, de cultivé…
mais lui pense qu’il n’est rien de tout ça, alors que c’est faux ! C’est
un personnage attachant qui n’a pas confiance en lui et n’a pas une vie très
facile. Le seul vrai soutien qu’il avait, Bert, est mort il y a quelques
semaines et a apporté avec lui le peu d’espoir qu’il avait réussi à lui
insuffler. J’ai vraiment été touchée par son caractère, son talent, sa
sensibilité. Et plus d’une fois j’ai eu envie de lui faire un énorme câlin pour
lui faire prendre conscience de sa réelle valeur. A son côté, nous faisons la
connaissance de Léo, le Poète, lui aussi très attachant avec son amour pour les
mots et sa loyauté pour Ed ; puis de Dylan, un bourrin au cœur tendre
également sympathique.
Six personnages, trois couples… l’équation pourrait sembler trop
évidente, mais les relations qui se tissent ou se poursuivent sont tellement
mignonnes que nous fermons les yeux sur cette facilité. Parfois, les choses
simples valent bien plus que les choses compliquées et ce roman m’a tellement
touché qu’il aura beau avoir des défauts, je ne les verrais pas. Parce que le
ressenti est là. Tout au long de ma lecture, j’ai souri comme une imbécile
devant les dialogues. Mon petit cœur a souvent palpité de joie, d’espoir ou de
mélancolie. Et à un moment, j’ai même été tenté de jeter mon livre contre le
mur tellement je ne voulais pas que ça se passe comme ça. J’avais envie de crié
« Mais fais quelque chose ! Non, pas ça ! Mais va la voir !
Dis un truc ! Trouve-le ! Roh, vous êtes nuls. Rah, je vous aime.
». Bon d’accord, je suis un peu folle sur les bords… mais c’est pour
dire : ce livre m’a réellement captivée et, même si ce n’est pas le roman
le plus émouvant qui soit, ou l’intrigue la plus aboutie de l’année, c’est à sa
façon un petit bijou. Une lecture qui, sous ses aspects légers, est plus
profonde qu’elle n’y paraît. Une lecture qui m’a aussi bien fait rire qu’émue.
Bref, une lecture que je vous conseille, tout simplement, si vous aimez les
histoires sans prétention mais qui vous font amènent loin…♥





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