samedi 22 mars 2014

Les princes charmants n'existent pas, de Maïa Brami


Quatrième de couverture :

Cher voisin,
J'ai trouvé cette lettre qui semble vous appartenir. Je me permets de vous la retourner. Pas trace de votre corps écrasé dans la cour ! Vous avez été bien avisé de jeter seulement la lettre. Après tout, l'amour pourrait frapper à nouveau à votre porte. Rien de pire qu'un chagrin d'amour, ou peut-être si... Ne jamais en avoir vécu aucun ?
Prompts rétablissements
Votre voisine du 34, 1er étage,
Nora C…

Editions Nathan (jeunesse)
296 pages ; 16.50€
Parution : 03 avril 2014

Les princes charmants n’existent pas est un roman jeunesse tout ce qu’il y a de plus classique et pourtant, il possède un petit quelque chose d’atypique qui lui rend toute son originalité et sa crédibilité. J’ai apprécié cette lecture simple qui, sans prétention, nous fait passer un bon moment, tout en douceur et humour.

Nora, 15 ans, n’est pas le genre d’ado qui court après les garçons, écume les fêtes dans l’espoir de trouver l’amour et se pavane en mini-jupe pour susciter les regards… bien au contraire. Timide et complexée, elle se cache derrière des pulls trop grands pour elle, elle s’enferme dans sa chambre pour lire, regarder un film ou rêvasser en s’imaginant dans la peau de son actrice préférée, à qui, d’ailleurs, elle confie ses états d’âme dans des lettres qu’elle lui écrit. Mais un jour, elle va trouver sur son balcon une lettre destinée à son voisin du 34, et, prise d’une impulsion, elle décide de lui écrire. A partir de là va naître une correspondance aussi inattendue que touchante entre Rodrigue, son voisin, et elle… une correspondance où chacun va confier ses doutes, ses secrets, ses pensées.

Pour moi, cette lecture repose avant tout sur les lettres échangées entre Nora et Rodrigue, bien que le récit ne se réduise pas à cette correspondance. L’auteur a choisi de nous narrer l’histoire du point de vue de Nora et on n’échappe pas à un style très jeunesse : beaucoup de dialogues, peu de discours narratifs, peu de descriptions… et surtout des personnages qui tombent presque dans la caricature en raison de leurs comportements et de leurs réflexions. L’histoire est donc finalement assez classique avec des adolescents, des déboires amoureux, une héroïne complexée, une meilleure amie libérée et tout ce qui va avec : des histoires de famille, de jalousie, d’amitié, de premier amour… mais tout ça n’est pas à prendre dans le mauvais sens parce que, si on se retrouve parfois un peu au-dessus de tout ça, il y a aussi de nombreux passages très justes et de beaux messages véhiculés qui font qu’on apprécie notre lecture.

On ne peut donc pas dire qu’on rentre en profondeur dans la psychologie des personnages, mais on finit tout de même par s’attacher aux quelques protagonistes qu’on rencontre : Julie, Sam, les parents de Nora, Edith…. puis bien sûr à Nora, notre fameuse héroïne. C’est une jeune fille assez agaçante à toujours vouloir se renfermer et s’échapper, mais c’est là tout l’intérêt du roman et c’est aussi ce qui la rend attachante. Parler à cet inconnu, à qui elle va finalement s’attacher via les mots, va la mettre sens dessus dessous. C’est une façon, pour elle, d’entamer une relation tout en n’étant pas à découvert. Se cacher derrière ses lettres est son moyen d’échapper à la réalité et surtout de ne pas affronter le regard que Rodrigue pourrait porter sur elle. Alors elle se dit que c’est une façon de ne pas faire comme tout le monde, de vivre quelque chose d’original… et elle n’a tellement pas envie de gâcher cette situation – qu’elle trouve presque idéale – qu’elle ne va cesser de trouver des prétextes pour ne pas le rencontrer. Alors nous on suit l’histoire, impuissants, espérant qu’elle grandira un jour… et redoutant ce qui pourrait bien se passer si cela arrivait. Et c’est un peu ce que je voulais dire quand je disais, plus haut, qu’à mon sens cette lecture reposait essentiellement sur les lettres échangées par Nora et Rodrigue, car elles regorgent à elles seules de tout un tas de messages différents qu’il est vraiment intéressant de découvrir, que ce soit sur l’amour, l’acceptation de soi ou bien d’autres choses encore… avec toujours LA petite pointe d’humour qui fait qu’on ne peut que se régaler !

Alors pour résumé, ce livre est jeunesse, oui, mais il résonne en nous tous avec tant de justesse qu’il est impossible de rester insensible aux personnages et à ce qu’ils vivent. J’ai souvent été agacée, parfois regretté le fait que l’auteur soit restée en surface sur certains points… mais j’en suis venue à m’attacher à Nora et à Rodrigue au fil de leurs échanges, jusqu’à attendre avec presque autant d’impatience que Nora les lettres de Rodrigue et à sourire devant les propos échangés et le ton, parfois très drôle, qu’ils utilisent dans leurs mots. Donc finalement, le bilan est plutôt bon, et si vous avez besoin d’humour, d’amour et de douceur… n’hésitez pas ! Il sort le 3 avril prochain chez Nathan :)

2 commentaires:

  1. Je suis curieuse de découvrir l'univers de ce roman "jeunesse" !! Et je dois dire que la couverture est sympa surtout avec la grenouille lllollol xox

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    1. C'est vrai que la couv est sympa et bon, il est plutôt sympa... à condition de ne pas s'attendre à un roman très "mûr" :)

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