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samedi 11 janvier 2014

Automne, de Jan Henrik Nielsen


Résumé :

Cette île pourrait être n'importe quelle île. Ces deux soeurs pourraient être n'importe quelles soeurs. Cette terre qu'une grande catastrophe écologique a ravagée pourrait être la nôtre. L'eau est devenue rare, le soleil brûle la peau, la végétation se meurt. Terrées dans un bunker depuis six ans, Nanna et sa petite soeur Fride observent le monde à travers un périscope, à la fois fascinées et inquiètes. Forcées de sortir au-dehors, elles découvrent qu'au coeur de ce paysage désolé, les gens sont prêts à les aider. Alors Fride et Nanna avancent au sein de l'automne, blotties dans une joie surprenante, découvrant un monde qu'elles croyaient hostile à jamais...

Albin Michel Wiz
336 pages ; 15.90€
Publié le 02 janvier 2014

Ce livre est une dystopie terrible mettant en scène l’une des pires situations que l’Homme puisse connaître un jour : la mort de la Nature, le règne de la maladie, la naissance d’un Automne sans fin. Aucune raison précise n’est à l’origine de cette catastrophe : la nature en a tout simplement eu assez, et s’est arrêté de vivre comme un cœur peut s’arrêter de battre…

Fride et Nanna sont jeunes : âgées de 6 et 12 ans, elles habitent avec leur père dans un bunker où tous trois se sont terrés quand la maladie a commencé à se propager, il y a des années de ça. Depuis, ils sont restés cachés dans l’espoir de pouvoir ressortir un jour tout en repoussant la date fatidique, redoutant de découvrir ce qui les attend à l’extérieur. L’air est-il sain ? Y a-t-il d’autres survivants et si oui, sont-ils dignes de confiance ? Ces questions ne trouveront leurs réponses que s’ils se décident à mettre un pied dehors, sur l’île… ce qu’ils font finalement, tous les trois. Mais le père de Nanna et Fride tombe malade, et les voilà obligées d’aller en ville, à la recherche de médicaments… et de tout autre signe de vie leur prouvant que la leur ne fait que commencer.

La particularité de ce livre, c’est que malgré un rythme assez lent, l’auteur arrive très bien à nous happer dans son univers et à nous donner envie d’avancer, page après page, afin d’accompagner les filles dans leur découverte de l’humanité, ou en tout cas de ce qu’il en reste. L’histoire qui est mise en scène n’est pas de celles que l’on suit avidement, désireux d’en savoir plus à tout prix, mais elle fait partie de celles qui nous rendent curieux et surtout nous désarçonnent. Je vais être honnête : quand j’ai commencé ma lecture, je ne savais pas trop à quoi je m’attendais mais je savais que je ne m’attendais pas à ça. Mais si la surprise n’a pas été extraordinaire, je dois quand même dire qu’elle a été bonne, voire très bonne, car j’ai découvert un récit aussi étrange que touchant qui, sous des apparences sombres et fatalistes, se révèle truffé d’espoir, d’optimisme et de sensations.

Vous l’avez compris, avec Automne, on est bien loin des dystopies telles qu’on les connaît où les personnages se rebellent contre un système mis en place. Ici, nous avons affaire à des personnages qui doivent se débrouiller pour survivre dans une Norvège post-apocalyptique qui leur est totalement inconnue et recèle de mystères. Au côté de Nanna, jeune fille trop vite responsabilisée qui doit s’occuper de sa jeune sœur et tenter par tous les moyens de sauver leur père, et Fride, dont l’innocence et la candeur nous feront sourire comme pleurer, nous angoissons, nous espérons, nous avançons dans cet automne permanent et vibrons à chaque rencontre que la nature va placer sur leur route… et c’est finalement ça qui fait toute la beauté de ce titre : les personnages, les rencontres, et la tension qui ne nous quitte pas de toute leur aventure. Finalement, le reste – notamment la catastrophe, dont on ne sait que les grandes lignes – ne fait office que de décor à une histoire qui repose essentiellement sur les protagonistes qu’elle met en scène : les deux sœurs, dont le sort incertain ne peut que nous toucher, mais aussi Oiseau, ce garçon étrange que l’on a du mal à cerner et qui incarne, presque à lui tout seul, le caractère atypique de ce roman.

Je garderais de ce roman un souvenir sensible, un sentiment un peu troublant. Automne est un livre simple, tout en retenu, qui ne m’a pas bouleversé dans le sens premier du terme mais qui m’a quand même beaucoup touché par l’intrigue qu’il présente et tout ce que celle-ci implique et que j’ai détaillé plus haut. Je noterais, en plus de la qualité, du livre, le merveilleux travail qui a été fait sur la couverture (absolument sublime) et celui qui a été fait sur la quatrième de couverture. D’habitude, aucune ne me marque au point de la citer dans ma chronique, mais j’ai trouvé que celle d’Automne retranscrivait à merveille le ressenti que j’ai eu pendant ma lecture. Elle est poétique, elle en dit assez sans en dévoiler trop, et elle donne envie… donc bravo, vraiment.

Je terminerais par une petite chanson traditionnelle norvégienne que Fride chante dans le roman et qui nous est expliquée dans les dernières pages, où l’on retrouve quelques points nous permettant de découvrir un peu la Norvège. J’ai d’ailleurs trouvé super sympathique d’inclure cette petite note, car c'est toujours intéressant d'avoir des anecdotes sur d'autres cultures :)