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jeudi 14 janvier 2016

Tornade, de Jennifer Brown


Résumé :

C'est un jour comme un autre pour Jersey. Sa mère et sa fantasque petite soeur Marine partent pour le cours de danse. Encore à elle la corvée de préparer le dîner. Quand sa vie bascule en quelques secondes : une tornade d'une violence exceptionnelle dévaste tout sur son passage, les maisons, les arbres, les routes, les gens. C'est une vision de cauchemar, des voisins blessés et traumatisés errent dans la rue jonchée de gravats et de débris. Réfugiée au sous-sol, Jersey a beau appeler et appeler encore sur le portable de sa mère, impossible de la joindre...

Albin Michel Wiz
288 pages ; 14.90€
Publié le 01 avril 2015

Tornade me faisait de l’œil depuis longtemps, et il m’en a fait encore plus dès l’instant où il a rejoint ma PAL. Mais je ne l’ai pas sorti avant pour deux raisons : la première, parce que c’était à l’époque où je me sentais submergée, et où je n’arrivais plus à lire et à chroniquer comme avant ; la deuxième, parce que je redoutais de me plonger dans cette histoire. C’est grâce à une lecture commune avec Anaïs (Little A read) et Anne-Sophie (Echos de Mots) que j’ai pris mon courage à deux mains pour enfin le sortir de ma bibliothèque. Ce que je ne regrette pas !

La première chose que je souhaite souligner est que, pendant ma lecture, je suis allée de surprise en surprise. Ce livre a pris une direction à laquelle je ne m’attendais absolument pas. Rien n’aurait pu me préparer à une telle histoire et je ne sais pas si j’aurais préféré que le résumé en dise plus ou non. En général, il est appréciable de découvrir l’intrigue par nous-mêmes sans en connaitre la moitié d’avance parce qu’on a lu le résumé. Mais cette lecture a été si particulière, si étonnante, si déroutante que… je ne sais pas, j’ai été un peu prise de court. A la réflexion, je ne regrette pas l’effet de surprise, car il a été fort et a sûrement contribué à rendre ma lecture aussi riche en émotions. Mais sur le moment, et lors de certains passages en particulier, j’étais si choquée par ce que je découvrais que j’aurais aimé y être préparée. Remarquez, j’aurais dû m’en douter car, comme je disais plus haut, l’auteur n’est pas connue pour traiter des thèmes faciles…

Bref, ceci étant dit, passons un peu au cœur du sujet. Comme le résumé nous en informe – le titre étant lui-même assez explicite – Jersey voit sa vie basculer lorsqu’une tornade touche la ville où elle habite, détruisant tout sur son passage, y compris sa propre maison. Seule chez elle au moment de la catastrophe, elle se retrouve à errer dans les rues, espérant trouver sa mère, sa petite-sœur et son beau-père qu’elle n’arrive pas à joindre par téléphone. Mais tout ceci ne fait pas l’intrigue, car la tornade n’est que la base d’une intrigue beaucoup plus longue et peut-être même beaucoup plus forte, et qui tourne autour d’une jeune fille qui a presque tout perdu, mais qui doit continuer à vivre, le poids de la catastrophe sur ses épaules. 

Le sujet principal du bouquin en lui-même n’a rien de joyeux, mais quand en plus on connaît un peu l’auteur… on sait d’avance que notre lecture sera éprouvante. Et elle l’a été. Peut-être pas comme Hate list, qui avait été l’un  de mes coups de cœur tandis que celui-ci ne l’est pas tout à fait, mais quand même. Jennifer Brown nous raconte ici l’histoire de Jersey, que l’on rencontre avant la tornade et que l’on continue de suivre bien après, à mesure qu’elle tente de reprendre une vie normale… ou presque, car les conséquences de cet événement sur la vie de Jersey sont lourdes. Ce qu’elle vit au début du roman est terrible, mais ce qu’elle vit par la suite l’est presque autant, si ce n’est plus… et c’est horrible. J’ai arrêté de compter les fois où j’ai été en colère de lire ce que je lisais, et de découvrir ce qui arrivait à cette pauvre jeune fille, ballotée de tous les côtés sans personne pour lui tendre la main et la soutenir dans cette épreuve. En colère, révoltée, écœurée par l’injustice qui ne cessait de s’abattre sur elle sans vouloir s’arrêter, la laissant seule avec des souvenirs aussi doux qu’amers pour lui tenir compagnie, et lui permettre de vivre… ou plutôt de survivre.

Avec tout ça, vous avez peut-être l’impression que je n’ai pas aimé ma lecture… mais si. Parce que c’est justement toutes ces émotions qui font la force de ce livre. C’est parce qu’elle a réussi à me prendre aux tripes et à me faire ressentir tout ça que j’adore Jennifer Brown. Son écriture a beau être assez simple, elle n’en est pas moins forte pour autant. Je dirais même que c’est sa façon d’énoncer les choses avec simplicité, presque avec détachement, qui rend ces mêmes choses aussi émouvantes. Car le lecteur comprend des fois en avance ce que ne veut admettre Jersey, et on redoute sans cesse le moment où le déclic va se faire, car on sait que ça va être difficile… et qu’on veut protéger le personnage de tout ça, sans malheureusement pouvoir rien y faire. Je me suis énormément attachée à Jersey, j’ai été assez touchée par quelques autres protagonistes… mais j’en ai détesté beaucoup, aussi. Et c’est fantastique, de ressentir autant de choses pour des personnages. Il n’y a pas de meilleure preuve pour attester de la qualité d’une écriture, d’une histoire, d’un livre. 

En résumé, Tornade est un roman dévastateur, incroyablement fort en émotions, qui n’est peut-être pas un coup de cœur (je ne saurais même pas vous dire pourquoi) mais qui est sans aucun doute l’une des lectures les plus terribles que j’ai pu faire ces derniers mois. A lire si vous êtes à la recherche d’un bouquin rempli d’émotions diverses et variées, mais pas si vous souhaitez quelque chose de léger, car ce livre est tout sauf léger.


Encore merci à Anaïs et Anne-Sophie pour m’avoir permis de les rejoindre dans le cadre de cette LC. Sans ça, j’ignore quand j’aurais eu le cran de sauter le pas, et de découvrir cette belle histoire… et puis, il faut l’avouer, c’était assez sympa d’avoir quelqu’un avec qui se défouler sur ce qui venait de se passer ! ;) N'hésitez pas à lire leurs impressions respectives sur leurs blogs, dès ce soir, en cliquant sur leurs pseudos (tout en haut de la chronique) !

dimanche 24 août 2014

Throne of glass T2 : Crown of Midnight (Keleana, la reine sans couronne), de Sarah J. Maas

Coup de ♥
Résumé (VF) :

Après un an d’emprisonnement dans les mines de sel, Keleana a gagné sa liberté en devenant l’assassineuse attitrée du roi. Pourtant, Keleana est loin d’être dévouée à la couronne… Et jouer le jeu du simulacre est d’autant plus difficile que les ordres du roi l’obligent à menacer ceux qu’elle voudrait protéger. Les forces obscures qui menacent l’équilibre du monde, cependant, l’obligeront à faire un choix, au péril de sa vie…


Bloomsbury
424 pages ; 10.07€
Publié le 15 août 2013


Crown of Midnight… que dire à propos de ce livre si ce n’est qu’il est parfait, terriblement, délicieusement, incroyablement et parfaitement parfait ?? Et croyez-moi, je n’exagère pas. J’ai eu de nombreux coups de cœur, j’ai adoré beaucoup de livres et de séries, mais je crois que, comme Throne of Glass a été mon plus gros coup de cœur de 2013, Crown of Midnight sera mon plus gros coup de cœur de 2014. Cette série possède quelque chose de magique qui fait qu’on ne lit pas seulement l’histoire : on la vit. Pendant quelques heures, on ressent ce que ressentent les personnages, on pense comme eux, on vit avec eux, bref, on fait partie de leur monde… et le retour à la réalité est souvent difficile. Alors vous voilà prévenus : commencez cette série, commencez ce tome… et vous aurez beaucoup de mal à en ressortir. Difficile de se remettre d’une telle lecture !

Celaena est l’une des héroïnes qui me touchent le plus… si ce n’est pas l’Héroïne qui me touche le plus. Ce n’est pas quelqu’un de bien à proprement parlé, loin de là, mais cette facette de sa personnalité fait partie d’elle et on l’aime comme ça. Dans le tome précédent, on avait découvert que derrière son statut d’assassin, elle était une jeune fille tendre, attachante et adorable. Dans ce tome-ci, on la retrouve telle qu’on l’a connu dans Throne of glass, mais on découvre aussi ce qui a fait d’elle l’assassin le plus redouté du royaume : son sang-froid, sa détermination, la noirceur qui peut parfois la posséder et la conduire à faire des choses terribles. C’est aussi effrayant qu’excitant parce que ça la rend complexe, intrigante, et, si c’est possible, encore plus touchante.

L’intrigue est encore une fois tellement riche et passionnante qu’on y plonge avec délice. Celaena est devenue l’assassineuse officielle du roi et, par conséquent, elle se doit d’obéir à ses ordres… c’est-à-dire éliminer tous ceux qui pourraient représenter une menace pour le roi. Si elle s’y refuse, le roi tuera tous ceux à qui elle tient au château. Mais comment se résigner à faire le sale boulot pour quelqu’un qu’on méprise par-dessus tout ? Celaena est partagée et on l’est tout autant, ce qui rend chaque action, chaque révélation et chaque retournement de situation aussi stressant et excitant que lourd de sens. Parallèlement, l’intrigue du premier tome continue autour des terribles plans du roi et surtout de la magie. Mais vous en dire trop pourrait vous gâcher la surprise ou, en tout cas, vous entacher le plaisir de le découvrir par vous-mêmes lors de votre lecture, alors je me contenterais de vous dire que c’est exquis. Certains éléments sont réellement étonnants, d’autres sont un peu prévisibles… mais tous, et je dis bien tous, valent le coup. Sarah J. Maas a tout orchestré de façon à délicieusement torturer ses lecteurs, et en 400 pages, on rit autant qu’on pleure. On a des frissons, des papillons dans le ventre et un sourire niais sur le visage pour, juste après, se retrouver le cœur brisé et la gorge serrée d’émotions. Et c’est aussi terrible que magnifique, tout comme ce livre et cette série sont terribles et magnifiques. Du haut niveau en Young Adult… ou du haut niveau tout court, peut-être.

Ceci étant dit, vous vous dites sûrement qu’il manque quelque chose à ma chronique. Et vous avez raison. Ça se résume à un deux mots : CHAOL <3 les personnages. Certains sont touchants et adorables, d’autres sont détestables, certains sont prévisibles, d’autres étonnants, mais tous sont tellement, tellement réels. J’ai parlé de Celaena donc je ne reviendrais pas sur le fait que c’est un personnage très complexe, très riche, et touchant dans toutes ses nuances ; mais je n’ai pas parlé des autres personnages. Je vais commencer par Nehemia et Dorian, parce qu’ils sont importants et que je les ai adoré. On ne voit pas beaucoup la princesse Nehemia, mais son amitié est importante pour Celaena et cet aspect, bien que discret, est touchant et bien travaillé. On découvre pas mal de choses sur la princesse et son rôle dans l’histoire, et tout ça nous permet de bien avancer dans l’intrigue globale, ce qui est tout simplement génial. Du côté de Dorian, une intrigue va tourner tout autour du prince et le moins que l’on puisse dire, c’est que tout ça ne le rend que plus intéressant. Déçu par le rejet de Celaena et un peu perdu dans la situation dans laquelle il se trouve, on le voit néanmoins déterminé à tourner la page et surtout à prendre en main ses responsabilités. C’est quelqu’un que j’ai toujours aimé, et que j’étais heureuse de retrouver dans ce rôle… même si, eh bien, il y a Chaol. Et que…

CHAOOOL ! ♥ Ce personnage mérite son paragraphe bien à lui tellement il est… eh bien, tellement il est Chaol. Je ne sais même pas comment le décrire tellement il est craquant, charmant, touchant… alors je vais surtout me contenter d’évoquer sa relation avec Celaena. Depuis le premier tome, on sent qu’il y a quelque chose entre eux. Une certaine alchimie, un lien aussi discret que puissant… et ce lien, on le retrouve décuplé dans ce tome, pour notre plus grand bonheur – même si ça a tendance à malmener nos pauvres petits cœurs qui ne peuvent s’empêcher de battre trop fort. Ce que j’aime tellement dans la façon dont Sarah J. Maas a choisi de développer cette relation, et plus globalement ses personnages, c’est que ça coule tout seul. Tout semble naturel, rien n’est forcé, les personnages se rapprochent doucement et si quelque chose doit se faire, eh bien cela se fait. Pas de chichi, pas de complications inutiles, juste ce qu’il faut. Et c’est ainsi qu’un simple effleurement, un simple regard ou un simple sourire vous chamboule. Enfin, c’est ce qui s’est passé pour moi. Et c’était juste parfait. Absolument parfait, à un point que vous n’imaginez peut-être pas. Certains penseront peut-être que j’exagère, avec un goût particulier pour les démonstrations. Mais non, je vous jure… c’était parfait ! ;)

Bon, ça va être difficile de résumer tout ça. J’ai l’impression de ne vous avoir rien dit, de n’avoir rien su vous dire, alors que j’ai quand même fait de bons paragraphes… mais c’est difficile de mettre des mots sur tout ce qu’on peut éprouver pendant une telle lecture. Alors ce que je peux vous dire, c’est que le mot « adorer » est faible, et que cette série est un must-read. Alors lecteurs VO ou VF, si ce n’est pas déjà fait, jetez-vous dessus. Quant à ceux qui ne lisent pas en VO mais qui ont déjà lu Keleana l’assassineuse, ce tome sort dans quelques jours sous le titre de Keleana, la reine sans couronne, à savoir le 28 août. Alors GO !!

Crown of Midnight a fait l’objet d’une lecture commune avec The Notebook 14. Pour voir son avis, c’est par là !

samedi 12 juillet 2014

L'élite, de Joelle Charbonneau


Résumé :

La Terre ne ressemble plus à la planète sur laquelle nous vivons. Les Sept Guerres en ont détruit la quasi-totalité et les hommes essaient de la reconstruire. C’est dans cet environnement que vie Cia et sa famille. A 16 ans, la majorité des adolescents doit trouver un travail. Les autres, l’Elite, sont choisis pour le Testing. L’épreuve suprême. Un test ultime qui promet l’entrée à l’université pour les gagnants. Ou plutôt pour les survivants… Cia a été choisie. Et elle va rapidement comprendre qu’elle ne peut faire confiance à personne.

Editions Milan
312 pages ; 13.50€ 
Publié le 14 mai 2014

L’élite est un roman que j’attendais de lire avec une très grande impatience… non seulement car sa présentation m’avait beaucoup intriguée, quand je l’avais repéré en VO, mais aussi parce qu’il était décrit comme l’une des dystopies les plus intelligentes du moment par l’éditrice de la collection Macadam. Et c’est qu’elle doit en lire, des dystopies… ! Alors quand l’occasion de le lire m’a été donnée par le biais d’une lecture commune avec Justine du blog Lire-une-passion, autant dire que je me suis empressée de la saisir.

Je vous l’avoue, j’ai commencé ce livre avec beaucoup d’attentes et quelques craintes… mais j’en suis ressortie conquise – et même plus que je ne l’imaginais. A la limite du coup de cœur, ce premier tome est, à mes yeux, d’une grande qualité. Il est bien écrit, il est fascinant, et il pose des bases intelligentes. L’univers décrit soulève beaucoup de questions et, bien qu’étant déjà très concret, il ne demande qu’à se dévoiler encore plus dans la suite. L’auteur a mené son intrigue d’une main très habile en faisant progresser sa réflexion… et en alternant entre actions, émotions et suspense de façon à maintenir la tension à son plus haut niveau et à l’accroître au fur et à mesure que l’on passe les étapes du Test. Le but est atteint : si je suis rentrée dans l’histoire dès le départ, plus j’avançais, plus je ressentais l’envie de savoir ce qui allait se passer. Et s’il y a des moments très frustrants, aucun, je dis bien aucun, ne m’a déçue. J’ai adoré détester certains passages. J’ai adoré souffrir avec les personnages, sourire avec eux et stresser pour eux. Et j’ai adoré les suivre tout au long du livre, comprenant avec eux les réels dangers et enjeux du Test.

Les personnages font également parties des points forts de ce livre. Ils semblent si réels et sont tellement touchants et intelligents ! Particulièrement Cia. C’est une héroïne captivante : on s’attache tout de suite à elle. Elle a ses faiblesses mais elle est forte et c’est quelqu’un de très, très réfléchi. Elle a des facultés qui se révèlent parfois étonnantes et surtout particulièrement utiles, et ce dans toutes sortes de situations ; elle ne prend pas de décisions à la hâte tout en gardant tout de même un petit côté impulsif... ; bref, elle est le genre de personnages que j’adore suivre, et j’ai vraiment apprécié la façon dont l’auteur nous rapporte son point de vue, son histoire, ses sentiments et ses pensées.

Les autres protagonistes sont bien sûr moins présents, mais cela ne les rend pas moins importants. Chacun va prendre part à l’intrigue d’une façon ou d’une autre et c’est via leurs histoires, leurs agissements et les relations qu’ils vont entretenir avec Cia que cette dernière va pouvoir comprendre l’univers dans lequel elle évolue… et nous aussi, par la même occasion. Certains sont indéchiffrables, d’autres sont limite écœurants, d’autres sont adorables et d’autres encore nous surprennent – et pas toujours dans le bon sens – mais c’est ce qui les rend aussi géniaux. Ils sont complexes, ne tombent pas dans le cliché et ne nous permettent pas vraiment de les cerner avant qu’ils ne choisissent eux de se dévoiler. On ne sait pas à qui faire confiance… et ces doutes vont rendre l’ambiance encore plus lourde et tendue qu’elle ne l’est à la base.

Une petite romance va venir saupoudrer le tout, mais là encore, peut-on vraiment se permettre de vivre une histoire d’amour alors qu’on ne sait pas à qui l’on peut vraiment se fier ? Et est-ce que c’est correct, de tomber amoureuse en cette période difficile qui pourrait coûter la vie de nombreuses personnes ? Loin de faire pale figure à côté de l’intrigue ou au contraire d’empiéter sur le réel intérêt de l’histoire, le lien qui va se nouer entre Cia et Tomas va être des plus agréables à suivre. Cet aspect-là fait partie de ce que j’ai adoré, là encore.

Alors pour conclure… est-ce qu’il y a ne serait-ce qu’un seul point qui m’a déçue ? Non. J’ai frôlé le coup de cœur pour ce premier tome intelligent et captivant. En plus de posséder une plume intéressante, l’auteur a su installé un bon rythme à son histoire. Les rebondissements sont nombreux mais l’action n’est pas la seule à être au rendez-vous, de sorte que rien ne soit laissé de côté : ni les messages véhiculés, ni les personnages… rien. La fin m’a frustrée, de même que de nombreux passages m’ont touchée de par leur gravité… mais c’est ça, justement, qui rend L’élite si fort et si prenant. Quand on le referme, on se dit, bien sûr, qu’on déteste l’auteur pour avoir écrit une telle fin. Mais on réfléchit et on se dit qu’elle n’aurait pas pu en faire de meilleure. Elle est cohérente avec le reste et surtout délicieusement détestable. Elle ne nous laisse qu’avec une envie, une seule : savoir ce qui va se passer. Lire la suite. Et c’est bon signe, ça, non ? ^^ Du coup, OUI ! Je vous le conseille. Croyez-moi, vous ne voulez pas y passer à côté !

Découvrez l'avis de Justine en suivant ce lien... elle aussi a beaucoup apprécié :)

mardi 5 novembre 2013

Partials, de Dan Wells


Résumé :

2076. La guerre contre les Partials, ces êtres génétiquement modifiés, a décimé la quasi-totalité de la planète.
Quarante mille humains survivent sur l'île de Long Island sous la férule d'un Sénat autoritaire tandis que le virus RM reste sans antidote. Les nouveau-nés vivent moins d'une journée, si ce n'est quelques minutes. La population déjà très éprouvée est désormais traumatisée par la loi Espoir : toute jeune fille, dès dix-huit ans, aura l'obligation de tomber enceinte.
Le combat de Kira Walker, étudiante en médecine, commence à cet instant. Ses ennemis ne sont pas les Partials mais le RM. Son obsession ne concerne pas la dérive fasciste du Sénat mais une folle hypothèse scientifique.
Kira décide de suivre son intuition au risque de devenir une hors-la-loi ou que les Partials ne la tuent...

Albin Michel Wiz
523 pages ; 19€ 
Publié le 02 octobre 2013

Bon, bon, bon. Je ne vais pas faire dans l’originalité : ce livre est génial. On me l’avait dit, et maintenant que je l’ai terminé, je comprends sans mal pourquoi il plaît autant… parce qu’il a tout pour plaire ! De l’action, des rebondissements, de l’humour, des moments d’accalmie, une bonne histoire de fond,… bref tout ce qui fait qu’un livre vous prend aux tripes ! Et pourtant, ce n’était pas non plus gagné d’avance, car avant de le recevoir puis d’en entendre beaucoup de bien, je ne l’avais pas repéré plus que ça (et ça aurait été triste de passer à côté, croyez-moi).

Le résumé en dit déjà beaucoup, donc inutile de vous refaire un topo. Mais vraiment, cette histoire est incroyablement dense et surtout très prenante. Le livre a beau faire un pavé de 500 bonnes pages, quiconque a du temps devant lui n’en fait qu’une bouchée. Je n’ai malheureusement pas eu autant de temps que je le voulais pour le dévorer, mais dès que j’avais une minute à moi, je m’y plongeais sans hésiter. C’était intense, superbe, parfois stressant… bref, de quoi se régaler !

Si la narration est à la troisième personne, le récit se concentre sur Kira Walker. Cette jeune médecin travaille à la maternité, mais elle ne supporte pas de voir des bébés mourir tous les jours du RM sans pouvoir rien faire d’autre que de les analyser. Non, Kira a d’autres objectifs en tête : elle veut trouver un remède. Certes, c’est ce que tout le monde veut sur cette île (enfin, en toute logique…), mais Kira est déterminée à faire ce que d’autres n’ont jamais fait. Elle va prendre des risques, imposer ses convictions, se dresser contre le gouvernement et mettre sa vie en danger pour pouvoir mener à bien son projet. J’ai adoré son côté fonceur et passionné, et je me suis beaucoup attachée à elle. Elle a un caractère borné qui n’est pas toujours facile mais c’est quelqu’un de très honorable, de très intelligent, et ça a été un plaisir de la suivre. Des héroïnes comme ça, j’en veux tout le temps, avec leurs qualités comme leurs défauts !

De nombreux personnages vont graviter autour de Kira et influer le cours de l’histoire, et il serait vraiment difficile de tous les énumérer. Mais pour ne parler que des principaux (sans pour autant révéler des éléments de l’intrigue), j’ai beaucoup aimé Marcus, même s’il m’a quelques fois agacée, ainsi que les différents amis de Kira (Jayden, Madison, Xochi,…), qui sont vraiment sympathiques, ou en tout cas touchants – chacun à sa façon. Mais j’avoue que je suis surtout curieuse de découvrir la suite et d’en retrouver certains… dont un en particulier, qui me laisse encore perplexe mais qui a énormément de potentiel. Comme pas mal d’autres protagonistes, d’ailleurs, car c’est aussi ça, Partials : on croit saisir quelqu’un, le connaître, le croire digne de confiance, puis après se passe quelque chose qui change la donne, qui nous fait douter, qui nous fait un peu stresser. Et au final, on ne sait pas toujours vraiment quoi en penser. Mais c’est efficace, ça accroît notre intérêt pour le livre et nous rend accro à l’histoire. Tellement accro que le soir où je l’ai fini, j’ai rêvé que j’avais la suite dans ma PAL… malheureusement pour moi, ce n’était qu’un rêve, et il me faudra encore attendre un peu ^^

De façon plus générale, l’univers de cette série est tout à fait saisissant. L’intrigue repose sur des bases solides et sur un contexte vraiment ancré dans notre réalité, même si on est encore loin de ce genre d’évènements (enfin j’espère !). Ce que je veux dire, c’est que je n’ai repéré aucune incohérence ou aucune zone d’ombre à critiquer, tout est clair, la trame est bien bâtie. C’est une dystopie solide qui fait froid dans le dos mais qui se révèle relativement passionnante. Rien n’est laissé de côté et même le côté scientifique m’a paru limpide – alors que ce n’est absolument pas mon domaine ! L’auteur maîtrise vraiment son sujet et ça se sent, car du coup, le lecteur le maîtrise aussi. Et c’est tellement, tellement bon de se retrouver captivée par une histoire au point de ne pas pouvoir en décrocher. Ce n’est pas la première fois que ça arrive et ce n’est sûrement pas la dernière, mais voilà, j’ai adoré ma lecture. Emotion, suspens, tension, action : on en prend plein la vue de tous les côtés sans qu’aucun aspect ne prenne le dessus sur les autres – je pense notamment à la romance, qui est ici présente, mais qui est traitée différemment que dans d’autres romans YA et qui reste surtout assez discrète. Discrète, mais néanmoins touchante. Le seul domaine que l’on retrouve tout au long du livre, c’est la science, mais c’est en toute logique, et c’est loin d’être dérangeant tellement c’est intrigant.

C’est vraiment difficile de parler de ce bouquin car il s’y passe beaucoup, beaucoup de choses qui valent le coup d’être découvert sur le moment. J’espère tout de même avoir réussi mon pari : celui de vous donner envie sans vous en révéler trop… car ce serait réellement dommage que vous passiez à côté d’un tel livre. Je n’ai plus qu’une chose à dire : lisez-le… et puis vivement la suite !! En espérant qu’elle soit aussi haletante, aussi dure, aussi étonnante et aussi aboutie que cette mise en bouche des plus réussie…

Ce livre a fait l'objet d'une petite lecture commune avec Noémie du blog Ilnyak1pas. Retrouvez sa chronique ici !