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samedi 22 janvier 2011

Lettre à mon ravisseur, de Lucy Christopher


Résumé :

Ca s'est passé comme çà.
J'ai été volée dans un aéroport. Enlevée à tout ce que je connaissais, tout ce qui était ma vie. Parachutée dans le sable et la chaleur. Tu me voulais pour longtemps.
Et tu voulais que je t'aime.
Ceci est mon histoire. Une histoire de survie. Une lettre de nulle part.
Un thriller psychologique qu'on ne peut ni arrêter, ni oublier.


Edition Gallimard (scripto)
346 pages ; 13€
Publié le 09 septembre 2010

Lettre à mon ravisseur est une de ces lectures qui vous en laisse gros sur le cœur, à laquelle vous n'arrêtez pas de penser et qui vous a tellement touché que rien que d'y songer, vous en avez les larmes aux yeux. Le genre d'histoire qui suscite en vous des sentiments contradictoires mais forts et qui chamboulent un peu tout ce à quoi vous croyez sur le sujet.

J'avais lu de très bons avis sur le sujet, des un peu moins bons, mais tous me donnaient envie de voir par moi-même ce que ça donnait. Et je n'ai vraiment été déçue, car j'ai vraiment été transportée dans le désert australien servant de décor à l'histoire, à des lieues de ce qu'on connait, perdus au milieu d'une nature sauvage, à la fois terrible et merveilleuse.

Le début n'est en aucun cas une surprise puisqu'on sait que Gemma se fait enlever. Là où ça commence à devenir intéressant, c'est lorsqu'on se rend compte des raisons qui ont poussé Ty à faire ça et des sentiments qui animent ce dernier. On pourrait le penser fou, avec ses moments de violence et ses yeux intenses, aussi beaux que dangereux, mais il n'en reste pas moins attachant. C'est peut-être incompréhensible au début, on se demande comment on peut s'attacher à un « monstre » qui a trouvé le moyen d'enlever une jeune fille de 16 ans et qui, en plus, avait tout prémédité. Mais c'est bien le cas, car même si on déteste Ty pour ce qu'il lui fait subir et qu'on comprend la peur et la peine de Gemma, on ne peut s'empêcher de s'attacher à lui au fur et à mesure qu'on apprend à le connaître, qu'on découvre son histoire, qu'on cerne ses réactions, et qu'on se rend compte qu'il peut se montrer très doux et attentif.

C'est ainsi que Gemma va en venir à s'attacher à lui, progressivement. Elle ne s'en rend pas vraiment compte et son désir de s'enfuir est toujours aussi présent – elle a été enlevée, elle ne l'oublie pas et elle ne peut l'oublier, mais peu à peu elle va s'intéresser aux histoires qu'il va lui raconter, au travail qu'il fournit chaque jour pour vivre dans ce désert de sable ; et des sentiments, d'abord imperceptibles puis plus ambigus, vont naître en elle. Des sentiments qui vont rendre sa libération plus difficile qu'elle ne l'aurait cru et qui vont la pousser à écrire une lettre, celle qu'on lit, mais pas n'importe qu'elle lettre : une « lettre à son ravisseur ». Et le fait que Gemma s'adresse directement à Ty pour raconter les faits donne une dimension plus poétique et plus émouvante au récit, qui n'en devient que plus touchant.

En bref, j'ai trouvé cette lecture assez saisissante. Le rythme est loin d'être rapide, et c'est loin d'être une romance à proprement dite, mais c'est vraiment, vraiment beau.