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samedi 22 janvier 2011

Le ciel est partout, de Jandy Nelson


Résumé :

Un amour brûlant. Une perte dévastatrice. Lennie lutte pour trouver sa propre mélodie. Alors que Bailey, sa sœur, sa meilleure amie, vient de mourir, comment continuer ? A-t-elle le droit de plaire, elle aussi ? De désirer Toby ? D'être heureuse, sans Bailey ? Et comment ose-t-elle rire encore ?
Parfois, il faut tout perdre pour se trouver...



Edition Gallimard (scripto)
331 pages ; 11€
Publié le 17 mai 2010


Ce roman est présenté comme L'histoire d'amour de l'année et, éternelle romantique dans l'âme, j'étais bien curieuse de le découvrir par moi-même. Et bien, grosse surprise, car je ne m'étais vraiment pas attendu à ça. Ici, pas de tabous : on parle de sexe comme on parle de deuil, de désir interdit, de virginité, mais aussi de colère, de regrets, de honte... bref de sujets et de sentiments qui passent parfois sous silence, plus ou moins consciemment.

Lennie est une jeune fille de 17 ans ayant perdu sa soeur aînée à peine un mois plus tôt. Déboussolée, perdue, elle se retrouve plus seule que jamais et ne sait pas gérer cette absence qui lui semble trop lourde à porter. Alors elle va se tourner vers celui-ci qui ne peut que partager sa douleur, celui qui comprend ce qu'elle ressent et qui se retrouve tout aussi seul – voire plus – qu'elle : le petit ami de sa soeur, Toby. Une relation rapidement ambigüe et surtout dérangeante va s'installer entre les deux. Un moyen de combler le vide qu'a laissé Bailey en s'en allant subitement, une façon de surmonter le chagrin que sa mort a provoqué ? Peut-être. Sûrement. Mais comme tout le monde le sait et comme eux-même en ont conscience, ça n'est pas la meilleure chose à faire. Pire, ça ne se fait pas. Alors Lennie, surnommée John Lennon, va se retourner vers cet être déroutant et rayonnant qui va peu à peu lui redonner le sourire. Mais est-ce juste, normal de sourire alors qu'on a perdu sa soeur et qu'on s'éloigne soi-même de sa propre famille ?

Sous ses notes humoristiques et ses accents de vérité, ce livre est aussi bourré d'émotions. Lennie a perdu sa soeur, l'être qui lui était le plus cher et avec qui elle partageait tout – ou presque – et se rend compte que malgré la mort de celle-ci, le monde continue de tourner, le temps ne s'arrête pas. Et puis elle réalise aussi que se fermer aux autres n'est en aucun cas une solution, car non seulement ce n'est pas bon pour elle, mais en plus ça fait souffrir ses proches : sa grand-mère pour le moins bizarre mais si attachante, son oncle plutôt gros nounours au cœur tendre et sa meilleure amie, qui eux aussi souffrent de la disparition de Bailey et ont besoin de soutien, même si Lennie ne semble pas le remarquer de suite, beaucoup trop emmurée dans sa peine – et qui peut la blâmer pour ça ?

Ce livre s'apparente un peu à une leçon de vie, en quelques sortes. Le deuil, l'amour, l'amitié et d'autres sentiments sont traités de façon juste et musicale, soulevant des questions dans nos esprits. Est-ce bien d'être heureuse alors qu'on est censé pleurer la personne qu'on a perdu ? Que penserait-elle de tout ça ? Comment faire pour avoir moins mal ? Qu'est-ce qui est correct et ne l'est pas ? Ça fait réfléchir l'héroïne mais ça nous fait également réfléchir à nous, qu'on ait déjà vécu ce genre de situations ou pas. Et ça nous serre le cœur, bien que l'excentricité de la famille, entre autre, ne manque pas de nous faire rire – tout comme la musique, qui tient une grande place dans le livre, ne manque pas d'apporter un petit quelque chose de doux qui apaise un peu les cœurs.

Un livre plein de valeurs, qui se lit vite (je l'ai lu en une seule après-midi) et qui est appréciable, bien que très émouvant.

Lettre à mon ravisseur, de Lucy Christopher


Résumé :

Ca s'est passé comme çà.
J'ai été volée dans un aéroport. Enlevée à tout ce que je connaissais, tout ce qui était ma vie. Parachutée dans le sable et la chaleur. Tu me voulais pour longtemps.
Et tu voulais que je t'aime.
Ceci est mon histoire. Une histoire de survie. Une lettre de nulle part.
Un thriller psychologique qu'on ne peut ni arrêter, ni oublier.


Edition Gallimard (scripto)
346 pages ; 13€
Publié le 09 septembre 2010

Lettre à mon ravisseur est une de ces lectures qui vous en laisse gros sur le cœur, à laquelle vous n'arrêtez pas de penser et qui vous a tellement touché que rien que d'y songer, vous en avez les larmes aux yeux. Le genre d'histoire qui suscite en vous des sentiments contradictoires mais forts et qui chamboulent un peu tout ce à quoi vous croyez sur le sujet.

J'avais lu de très bons avis sur le sujet, des un peu moins bons, mais tous me donnaient envie de voir par moi-même ce que ça donnait. Et je n'ai vraiment été déçue, car j'ai vraiment été transportée dans le désert australien servant de décor à l'histoire, à des lieues de ce qu'on connait, perdus au milieu d'une nature sauvage, à la fois terrible et merveilleuse.

Le début n'est en aucun cas une surprise puisqu'on sait que Gemma se fait enlever. Là où ça commence à devenir intéressant, c'est lorsqu'on se rend compte des raisons qui ont poussé Ty à faire ça et des sentiments qui animent ce dernier. On pourrait le penser fou, avec ses moments de violence et ses yeux intenses, aussi beaux que dangereux, mais il n'en reste pas moins attachant. C'est peut-être incompréhensible au début, on se demande comment on peut s'attacher à un « monstre » qui a trouvé le moyen d'enlever une jeune fille de 16 ans et qui, en plus, avait tout prémédité. Mais c'est bien le cas, car même si on déteste Ty pour ce qu'il lui fait subir et qu'on comprend la peur et la peine de Gemma, on ne peut s'empêcher de s'attacher à lui au fur et à mesure qu'on apprend à le connaître, qu'on découvre son histoire, qu'on cerne ses réactions, et qu'on se rend compte qu'il peut se montrer très doux et attentif.

C'est ainsi que Gemma va en venir à s'attacher à lui, progressivement. Elle ne s'en rend pas vraiment compte et son désir de s'enfuir est toujours aussi présent – elle a été enlevée, elle ne l'oublie pas et elle ne peut l'oublier, mais peu à peu elle va s'intéresser aux histoires qu'il va lui raconter, au travail qu'il fournit chaque jour pour vivre dans ce désert de sable ; et des sentiments, d'abord imperceptibles puis plus ambigus, vont naître en elle. Des sentiments qui vont rendre sa libération plus difficile qu'elle ne l'aurait cru et qui vont la pousser à écrire une lettre, celle qu'on lit, mais pas n'importe qu'elle lettre : une « lettre à son ravisseur ». Et le fait que Gemma s'adresse directement à Ty pour raconter les faits donne une dimension plus poétique et plus émouvante au récit, qui n'en devient que plus touchant.

En bref, j'ai trouvé cette lecture assez saisissante. Le rythme est loin d'être rapide, et c'est loin d'être une romance à proprement dite, mais c'est vraiment, vraiment beau.