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samedi 6 février 2016

La passe-miroir T1 : Les fiancés de l'hiver, de Christelle Dabos


Résumé :

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.

Gallimard Jeunesse
528 pages ; 18€ 
Publié le 06 juin 2013

Qui aurait cru que l’on pouvait s’attacher à une écharpe ? J’ai fini Les fiancés de l’hiver hier soir et c’est la première pensée qui m’est venue à l’esprit quand je me suis installée devant mon clavier pour écrire mon avis. Elle est assez cocasse, je vous l’accorde, mais elle résume plus ou moins mon opinion sur ce livre original et bien construit. L’auteur a créé un univers et des personnages bien à elle, auxquels on s’attache instantanément, et que l’on découvre petit à petit avec énormément de plaisir. Et cet univers comprend une écharpe qui s’apparente à un animal de compagnie… petit détail qui m’a bien plu, vous l’aurez compris ;)

Pour résumé brièvement l’histoire, Ophélie est une jeune fille banale qui n’aspire qu’à travailler au sein du musée familial – qu’elle adore – et à vivre tranquillement de sa passion et de ses dons de liseuse et de passe-miroir, sans embêter personne. Après avoir refusé mari potentiel sur mari potentiel, la voilà promise par contrainte à un étranger qu’elle ne connaît absolument pas. Ce mariage, en plus de lui être imposé, l’oblige à quitter tout ce qui faisait partie de sa vie pour rejoindre une terre, une culture dont elle ne sait rien, et qui, si l’on en croit les rumeurs, pourrait bien lui être fatal… Mais la jeune femme n’a pas dit son dernier mot et va se révéler bien plus courageuse et forte qu’on ne pouvait le penser au départ.

Christelle Dabos est la lauréate du concours premier roman jeunesse de Gallimard et on comprend sans mal pourquoi elle a gagné dès le premier chapitre. Une écriture développée, un univers maîtrisé qui sort des sentiers battus, des personnages uniques et profonds, une intrigue travaillée… ce premier tome comprend tous les ingrédients d’un très bon livre, et j’avoue que je me suis régalée. Il reste un premier tome qui sert plus à mettre en place l’histoire qu’autre chose, mais il est travaillé de telle façon que l’on ne reste pas non plus sur notre faim. Même s’il y a parfois quelques longueurs – qui ne m’ont pas tant gênée puisqu’elles m’ont permis de mieux comprendre l’univers inventé et surtout de mieux m’en imprégner – il y a aussi de quoi nous tenir en haleine : des personnages complexes et à la dualité stupéfiante que l’on ne sait pas toujours dignes de confiance, des révélations glissées au compte-gouttes qui font accroître notre curiosité au fil des pages, des rebondissements inattendus… bref, tout un tas de choses qui fait que, sans que l’on ne s’en rende compte, on s’attache à notre lecture.

Je parlais ci-dessus de personnages complexes et à la dualité stupéfiante, et c’est peut-être ce qui m’a effectivement le plus charmé dans cette histoire. A commencer par Ophélie. Ça a l’air d’être une jeune fille qui ne paie pas de mine, quelconque, maladroite et tellement discrète qu’elle ne mérite pas que l’on y accorde notre attention… mais en fait, elle est tout le contraire. Bon, peut-être pas tout le contraire, mais elle est bien plus digne d’intérêt que ce que tout le monde pense, et je m’y suis beaucoup attachée au fil des pages. A vrai dire, je me suis presque instantanément prise d’affection pour elle, et son évolution tout au long du roman m’a beaucoup touchée. Elle en a bavé, mais elle est restée forte, elle a encaissé, et elle s‘est révélée tellement courageuse qu’elle en est sorti plus sûre d’elle que jamais. J’ai adoré la suivre. Mais elle n’est pas la seule que j’ai apprécié suivre car tous les autres m’ont en quelque sorte fascinée, que ce soit du bon ou du mauvais côté. Thorn, évidemment, qui ne paraît pas si sympathique que ça, au début, mais à qui l'on finit par s'habituer (petit clin d'oeil... ceux qui l'on lu comprendront :p) mais aussi Bereldine, la tante Rosaline, Renard, Gaelle, Archibald, etc. On ne sait pas vraiment à qui se fier, mais on apprend doucement à les cerner, et ils sont vraiment géniaux à découvrir. Ni trop bons ni trop mauvais, juste humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs qualités et leurs défauts.

J’ai mis un moment à venir à bout de ce premier tome, mais c’est un beau pavé qui remplit bien ses fonctions. Il nous fait voyager dans un univers étonnant, nous embarque dans une intrigue intéressante et nous amène à la rencontre de personnalités fascinantes… alors que lui demander de plus ? Je suis déjà impatiente de lire la suite, en espérant que le tome 2 soit aussi bon que la fin du premier nous le laisse présager !


Merci à Maëlle de The Notebook 14 pour cette LC bien sympathique qui m’a enfin permis de sortir ce livre de ma PAL ! Vous pouvez retrouver son avis ici.

mardi 3 juin 2014

Ici et maintenant, d'Ann Brashares


Résumé :

Voici l'histoire de Prenna James, une jeune fille de dix-sept ans qui a immigré aux Etats-Unis, à New York, à l'âge de douze ans. Mais Prenna ne venait pas d'un autre pays. Elle venait... d'une autre époque, du futur. Prenna et ceux qui ont fui avec elle jusqu'au temps présent, doivent suivre un ensemble de règles strictes pour assurer la survie du genre humain : ne jamais révéler d'où ils viennent, ne jamais interférer dans le cours de l'Histoire, et ne jamais développer de relations intimes avec quiconque en dehors de leur communauté. Mais Jenna rencontre Ethan Jarves... Une romance impossible aux enjeux planétaires.

Gallimard Jeunesse
276 pages ; 16.50€
Publié le 04 juin 2014

Ici et maintenant est le premier roman d’Ann Brashares que je lis. Quatre filles et un jean est une série qui m’a toujours fait envie mais que je n’ai jamais lu. Alors quand j’ai reçu un mail de Gallimard Jeunesse pour chroniquer le nouveau titre de l’auteur, je ne pouvais pas refuser. L’occasion était trop belle pour découvrir la plume de cette auteur reconnue :)

Prenna, dix-sept, vient du futur. Sa communauté a immigré quelques années plus tôt dans l’espoir d’empêcher la catastrophe sensée se produire des années plus tard et d’empêcher l’épidémie de peste qui a causé la mort de tous leurs proches. Mais Prenna et les autres sont sans cesse surveillés et ont des règles à respecter. Parmi elles : être discret, ne rien dire, ne pas être intimes avec les humains et surtout, ne pas influencer le cours des événements. Alors comment le futur est censé changer si personne ne peut interférer pour le rendre meilleur ? C’est la question que va se poser Prenna, à ses risques et périls.

Ce livre n’est pas merveilleusement parfait mais il est à mettre entre toutes les mains pour le beau message qu’il transmet. Ann Brashares a une écriture simple, mais surtout une façon particulière de faire, en quelques sortes, vivre son récit. On a l’impression que certaines phrases s’adressent directement à nous, lecteurs, et cela nous fait réfléchir. En interrogeant ses personnages sur l’importance d’intervenir tant qu’il n’est pas trop tard et en les sensibilisant sur le fait que chacun, à son échelle, peut contribuer à améliorer les choses, l’auteur nous fait prendre conscience du rôle qu’on pourrait jouer si on se décidait à agir. Et je peux vous dire que ça fait en quelques sortes sont effet…

Au-delà de sa capacité à nous faire réfléchir sur certains phénomènes, ce livre possède un véritable atout : celui-ci d’être un véritable page-turner. Au départ le suspense est assez léger mais plus on avance, plus l’intrigue se définit jusqu’à prendre la force d’une course contre le temps, certes assez douce, mais néanmoins prenante. Du coup on enchaîne les pages avec délectation, sans prise de tête, et c’est agréable… d’autant plus que les personnages sont sympathiques. Vraiment ! Sans être très approfondis, ils possèdent quelque chose qui fait qu’on s’y attache. Prenna, tout d’abord. C’est une jeune fille discrète et douce, mais aussi entêtée, déterminée. J’ai beaucoup aimé son tempérament tout en nuances, et son histoire m’a vraiment émue – tout comme les lettres qu’elle adresse à son frère et qui, j’avoue, m’ont quelques fois serré la gorge. Ethan est aussi quelqu’un de très intéressant à découvrir. Il est drôle, tendre, aussi déterminé que Prenna (voir même plus) et leur histoire d’amour, ah ! Elle est toute mignonne. Un peu triste, aussi, quand on y pense… mais elle est belle. On adore les voir se rapprocher, petit à petit, envers et contre les règles, et on aime voir Prenna découvrir le monde grâce à Ethan.

L’une des grandes forces de ce récit, c’est que sous ses airs disons légers et agréables, l’auteur aborde un grand nombre de thèmes, qu’il s’agisse de sujets plutôt classiques comme la famille, l’amitié et bien sûr l’amour, ou de sujets plus graves et / ou importants tels que le deuil, l’avenir de notre planète, sa fragilité, notre fragilité, la santé et le temps. Ce dernier joue évidemment un rôle fondamental étant donné qu’il est à la base même de l’intrigue, et c’était un aspect très accrocheur de l’histoire. Pour Prenna, le futur de la planète est son passé… ce qui est assez déroutant, mais dans le bon sens, puisque cela ne fait qu'ajouter à la particularité de cette histoire.

Ici et maintenant m’a donc permis de passer un très bon moment de lecture. C’est un livre aussi intelligent que plaisant qui se lit très bien, très vite, et qui par la même occasion donne matière à réfléchir. Les personnages sont charmants, le fond a de quoi en séduire plus d’un et l’intrigue est bien menée. Quoi demander de plus ? Un soupçon supplémentaire de profondeur, peut-être. Mais j’ai vraiment apprécié me plonger dans ce récit.

Donc si vous êtes fans de l’auteur, amateurs de romans d’anticipation ou que, comme moi, vous souhaitez découvrir sa plume, n’hésitez pas à vous procurer Ici et maintenant. Il sort le 4 juin, c'est à dire... demain ! 

lundi 25 avril 2011

Promise, d'Ally Condie

Résumé :

Cassia, 17 ans, vit dans une Société prétendument idéale qui dicte tout : les distractions, le travail, le lieu d'habitation, la nourriture, les vêtements, même la mort est programmée. Mais surtout, les Officiels organisent les mariages selon des critères de compatibilité idéale. Aussi, quand Cassia apprend qu'elle est promise à Xander, son meilleur ami depuis l'enfance, tout semble parfait ! Étrangement, c'est le visage d'un certain Ky qui apparaît sur le fichier numérique consacré à son Promis, avant que l'écran ne s'obscurcisse... Une erreur, lui dit-on ? Car Ky est issu d'une classe inférieure et n'a pas le droit de se marier. Intriguée, Cassia cherche à mieux connaître ce garçon au passé mystérieux.

Gallimard Jeunesse
432 pages ; 18€
Publié le 07 avril 2011

Ce livre n'est pas un coup de cœur comme je m'y attendais mais c'est tout de même une magnifique lecture, toute en émotion. Je pense que ce qui m'a le plus plu, c'est le style de l'auteur. Ally Condie a une écriture fine et poétique, ses phrases sont magnifiques et touchantes. On avance doucement dans l'histoire, il n'y a pas de réelles actions, et pourtant, j'ai accroché. Je vais tenter d'expliquer pourquoi ;)

Sans surprise, nous avons affaire à un roman-dystopie où la Société, les Officiels, décident de tout, mais vraiment de tout : de ce que vous mangez, de ce que vous devez faire, de votre Promis, de l'heure de votre mort. Tout est contrôlé et pourtant, tout est présenté de sorte que vous ayez l'impression que c'est pour votre bien, que c'est normal. C'est dans ce monde qu'a grandi Cassia, le personnage principal. Le roman commence le jour de son banquet de Couplage, où elle découvre que son Promis n'est autre que son meilleur ami d'enfance, Xander. Une nouvelle qui va tout d'abord la ravir, mais qu'elle va remettre en question le jour où le visage de Ky apparaît à la place de Xander. Un dysfonctionnement, lui dit-on. Mais qui va entraîner bien des conséquences...

La Société telle que l'a décrit Ally Condie m'a vraiment emballée. Tout paraît calme et idyllique, pas de répression, juste « ce qu'il faut ». Pourquoi se révolter lorsque tout ce dont on a besoin nous est donné par les Officiels ? C'est bien construit et bien imaginé, j'ai trouvé le système très sympa – pas pour ce qu'il représente, car on se rend vite compte que tout n'est pas aussi parfait qu'on pourrait le croire – mais par rapport à l'histoire.

Les personnages m'ont également beaucoup touché, même ceux qu'on ne voit pas souvent. Cassia est très agréable à suivre, son évolution est bien orchestrée et paraît naturelle. Au début, elle n'a aucune raison de se poser des questions, elle avance dans le sens de la Société car c'est ce qui vaut le mieux. Puis elle va découvrir Ky sous un autre jour, elle va apprendre son histoire, se rendre compte que beaucoup de possibilités lui sont confisquées – et qu'elle aimerait pourtant décider de certaines choses, avoir le choix. Cette prise de conscience est crédible, tout comme l'évolution de son personnage. On s'y attache instantanément, et on la comprend.

Du côté des « Promis », on a Xander, le meilleur ami bien sous toutes les coutures. Il a une réelle importance dans l'histoire mais en même temps, on ne le voit que peu. J'ai vraiment eu un coup de cœur pour ce personnage. Il est attachant, plein d'affection, je suis vraiment tomber sous son charme. Puis de l'autre côté il y a Ky, un garçon difficile à saisir, mystérieux et sensible. Des yeux changeants et magnifiques, une personnalité délicate... là encore, on ne peut que s'y attacher. Mais bizarrement, il n'a pas eu ma préférence, bien que l'histoire d'amour qui se construit entre lui et Cassia est douce et forte. Chacun possède des qualités qui le rendent unique. Il est très difficile de choisir, je n'ai pas pu m'y résoudre...

Et enfin, il y a les autres personnages. Le grand-père de Cassia, que j'ai tout de suite adoré. Il en sait plus qu'il ne veut le dire et, quand on y pense, tout part de lui. Puis il y a les parents et le frère de Cassia. Leur relation est tendre, pure. Et, si je devais parler de la comparaison qui est faite entre Delirium de Lauren Oliver (voir ma chronique) et ce livre-là, je dirais que la principale distinction qui est à faire est celle-ci : Lauren Oliver a créé un monde où l'amour est interdit, tandis que dans la Société créée par Ally Condie, l'affection est loin d'être prohibée. Alors certes, ce sont deux romans-dystopie basées sur une Société future et totalitaire, mais les deux univers sont bien distincts. J'ai d'ailleurs remarqué que la violence et la répression étaient beaucoup plus implicites dans Promise que dans Delirium. En bref : ce sont deux livres bien différents ;)

En résumé, c'est un roman qui nous captive par les émotions qu'il dégage et dont l'univers m'a réellement plu. Il met du temps à se mettre à place mais même les premiers chapitres ne m'ont pas ennuyé, je les ai trouvé nécessaires à la bonne compréhension du roman et surtout à l'évolution de Cassia. De plus, la fin est assez intense et promet une suite largement à la hauteur. Ça va être long, mais vivement que le tome 2 sorte !

Merci à Frédérique des éditions Gallimard pour l'envoie de ce roman !

Quelques petites infos : Promise est le premier tome d'une trilogie. Le tome 2 (intitulé Crossed en VO) sortira en avril 2012 et le tome 3 un an plus tard, soit en avril 2013. L'auteur confie que plusieurs choses ont inspiré cette histoire : une conversation avec son mari sur le mariage, au cours de laquelle il se demandait ce qui se passerait si quelqu'un écrivait le parfait algorithme pour organiser la société et si le gouvernement l'utilisait pour décider qui épouse qui et quand ; ainsi que de son expérience en tant que professeur d'anglais et de ses expériences plus personnelles, comme tomber amoureuse ou devenir parent (source : lettre d'Ally Condie, transmise par Gallimard).

vendredi 25 mars 2011

Trailer officiel sous-titré français : Promise, d'Ally Condie

Généralement je ne mets que très peu d'actus sur ce blog mais étant donné que j'ai reçu un message privé de La société avec la bande-annonce trèèès alléchante d'un livre que j'attends avec énormément d'impatience, j'ai décidé d'y consacrer un article. Il s'agit de Promise, d'Ally Condie, qui sortira chez Gallimard Jeunesse le 7 avril 2011.


Résumé : A la veille de son banquet de couplage, Cassia se sent fébrile mais pleine de confiance, car elle imagine que la Société - l'entité gouvernementale qui les dirige - n'a jamais voulu autre chose que le bien de ses habitants. Et si, pour cela, ils doivent être surveillés, nuit et jour, ce n’est finalement pour elle qu’un petit sacrifice en échange d’une vie heureuse, avec un Promis idéal, sans maladies ni mort accidentelle, jusqu’à s’éteindre paisiblement à l’âge de quatre-vingt ans. Son Promis, le garçon qui aura été choisi pour elle, car jugé idéalement compatible, Cassia est impatiente de le découvrir. Et de commencer une nouvelle vie. Et quelle n’est pas sa surprise, son soulagement, lorsqu'on lui annonce qu’il s’agit de Xander, son meilleur ami. Mais quand les Officiels lui délivrent sa microcarte, une autre photo lui apparaît : celle de Ky, un garçon réservé qui fait partie de son cercle d'amis et dont elle va progressivement se rapprocher. Pour Cassia, c'est le début d'un questionnement, sur ses propres sentiments, et sur la Société elle-même.


Ci-dessus la couverture française du premier tome et la couverture originale de la suite. Pas mal non ? Le système et le résumé me font penser à Delirium de Lauren Oliver mais ils ont quand même l'air d'être assez différents et tous deux excellents :) Hâte de le lire !

lundi 31 janvier 2011

Terrienne de Jean-Claude Mourlevat


Résumé :

Tout commence sur une route de campagne...
Après avoir reçu un message de sa soeur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et... passe de « l'autre côté ». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa soeur a ce monde terrifiant, Anne ira jusqu'au bout, au péril de sa vie. Et se découvrira elle-même : Terrienne.
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière.

Gallimard Jeunesse
386 pages ; 16€
Publié le 20 janvier 2011
 
La première chose que je me dois de soulever pour parler de ce roman est l'écriture de Jean-Claude Mourlevat. Tantôt à la première personne tantôt à la troisième personne, le récit est d'une grande qualité et les mots s'enchainent avec grâce, nous plongeant dans un univers particulier et assez déroutant où l'humanité n'a pas sa place. Là-bas on ne respire pas, on ne pleure pas, on ne ressent rien,... et on évolue dans un monde où tout est blanc, contrôlé, terne. Sans vie. Et c'est franchement oppressant.

C'est dans ce monde que la soeur d'Anne, Gabrielle, a été amenée de force. Choisie pour être la compagne d'un haut dirigeant, droguée pour ne pas qu'elle se rappelle, tout nous laisse à croire que ça en est fini pour elle. Mais Anne, elle, garde espoir malgré tout, et se lance à sa recherche. Aidée par divers personnages qui auront tour à tour un rôle à jouer dans l'intrigue, tous plus ou moins attachants et dévoués, elle va évoluer dans ce monde brut et tenter, par tous les moyens, de récupérer sa soeur et de la ramener sur Terre, cette Terre qui malgré tout ses défauts nous est bien chère. Si on ne se rend pas compte de la chance qu'on a d'en faire parti, autant dire qu'après avoir lu ce livre, notre vision de ce qui nous entoure s'en retrouve changée. On en vient même à chérir le bruit et la pollution de nos villes, lol.

Au niveau des personnages, j'ai beaucoup aimé Anne, que j'ai trouvé très attachante par sa détermination et son courage. Étienne Virgil est aussi quelqu'un de touchant... tout comme Torkensen, que j'ai beaucoup aimé. Sa timidité et sa maladresse m'ont tout autant plu que sa loyauté. C'est vraiment un personnage que j'ai pris plaisir à suivre tout comme Mme Stormiwell et Ferlendur, qui même s'ils apparaissent peu, sont des personnages très honorables. De son côté, Gabrielle m'a beaucoup émue, et les passages où on voyait l'histoire de son point de vue m'ont vraiment serré le coeur. Puis il y a Bran. Là j'avoue que j'ai été un petit peu déçue car je m'attendais à ce que sa relation avec Anne soit plus... vraie. Un peu plus développée – pas au point d'empiéter sur l'histoire, mais un peu mieux construite. Mais globalement, je ne suis en aucun cas déçue. C'est vraiment un beau roman ! Et puis la fin... ça m'a causé pleins de frissons, lol. Je n'en dirais rien, mais ça m'a étonnée. Quoi que c'était trop beau aussi... ^^

Le bilan : très positif. Un livre que j'ai beaucoup apprécié, et qui nous fait prendre conscience que tout ce qui fait notre quotidien est vraiment important : des choses les plus évidentes comme les personnes qui nous entourent aux choses les plus futiles comme le chant des oiseaux, le soleil, le vent, l'herbe, la pluie,... bref tout ce qui fait notre monde.

Merci à Tessa pour le concours qu'elle a organisé sur son blog et qui m'a permi de lire Terrienne :)

jeudi 27 janvier 2011

Nightshade, d'Andrea Cremer


Résumé :

Calla appartient à la meute des Nightshade. Comme tous les siens, elle a le pouvoir de se transformer en louve. Le soir de la Lune de Sang, elle sera unie au séduisant Ren, Loup-garou de la meute rivale. Mais lorsqu'elle viole les lois de ses maîtres pour sauver la vie de Shay, un jeune ltcéen, Calla remet en question son destin. En suivant son coeur, risque-t-elle de tout perdre - y compris sa propre vie ? Car Calla commande à sa meute, elle ne commande pas à son coeur...

Gallimard Jeunesse
492 pages ; 19.50€
Publié le 13 janvier 2011

 
Bon d'abord, niveau esthétique, ce livre est une vraie perle ! La couverture est sublime – bien que j'avoue préférée les couleurs de l'originale – et j'ai bien aimé la façon dont sont découpés les chapitres, avec les lunes. Mais si en apparence il vaut le coup, niveau contenu, c'est encore mieux :) J'ai adoré.

Calla est un personnage assez attachant que j'ai pris plaisir à suivre. Femelle alpha, son destin n'a pas de secret pour elle et elle sait depuis sa naissance que son devoir est de s'unir à Ren, l'alpha de la meute Bane. Le jour de l'union approche à grand pas et, alors que Calla et Ren tendent à se rapprocher progressivement pour respecter leurs engagements et préparer la cohabitation des deux meutes, un nouveau personnage va faire son apparition et tout bousculer dans la vie de Calla. Partagée entre le beau Ren, charismatique à souhait et bien plus qu'intéressant par son caractère et son attachement pour Calla ; et Shay, un personnage assez agréable mais qui n'a pas obtenu mon avantage, Calla va se rendre compte que son monde cache en réalité pleins de secrets (pas toujours très honorables, d'ailleurs).

Ce livre parle de légende, de magie, d'histoire, de croyances,... et le tout est véritablement passionnant. J'ai adoré me plonger dans cet univers un peu mystique et découvrir peu à peu les faces cachés d'un monde que Calla croyait pourtant connaître par cœur, mais que Shay va percer à jour en bravant les interdits. Du genre direct et beaucoup trop enthousiaste, ce personnage m'a parfois agacée, même si au final je me suis quand même attachée à lui. Par contre, impossible de résister au charme de Ren qui, sous ses airs de gros dur, en pince réellement pour Calla. J'ai trouvé que ses sentiments étaient vraiment touchants et la fin m'a un peu émue, je dois dire. C'est là qu'on mesure l'ampleur de son attachement pour l'alpha Nightshade. Comment peut-elle se détourner de ça ? J'avoue qu'elle m'a quelque fois frustrée à ce niveau là, mais bon passons, elle n'en est pas devenue moins agréable pour autant ;)

L'intrigue est vraiment bien ficelée et à chaque fin de chapitre on a envie d'avancer dans l'histoire et de savoir comment, au final, tout cela va s'orchestrer. Le monde qu'a créé l'auteur est riche et original de sorte que j'ai pris beaucoup de plaisir à le découvrir. Les relations entre les membres de la meute, la hiérarchie de ce monde avec les Gardiens et les Protecteurs, les différentes créatures qu'on y découvre... ça m'a vraiment captivé, j'ai adoré ! Même si je ne m'attendais pas à prendre autant de plaisir à lire ce roman, au début, le fait de découvrir quelque chose de nouveau m'a beaucoup plu et j'ai déjà hâte de me replonger dans cet univers à part. La fin nous laisse vraiment en suspens, et on en redemande :)

Le tome 2, prévu pour cet automne, s'intitule Wolfsbane. Vous pouvez retrouver la couverture originale du livre ainsi que la traduction du résumé US sur internet, par exemple sur place to be (merci Julie !).

samedi 22 janvier 2011

Le ciel est partout, de Jandy Nelson


Résumé :

Un amour brûlant. Une perte dévastatrice. Lennie lutte pour trouver sa propre mélodie. Alors que Bailey, sa sœur, sa meilleure amie, vient de mourir, comment continuer ? A-t-elle le droit de plaire, elle aussi ? De désirer Toby ? D'être heureuse, sans Bailey ? Et comment ose-t-elle rire encore ?
Parfois, il faut tout perdre pour se trouver...



Edition Gallimard (scripto)
331 pages ; 11€
Publié le 17 mai 2010


Ce roman est présenté comme L'histoire d'amour de l'année et, éternelle romantique dans l'âme, j'étais bien curieuse de le découvrir par moi-même. Et bien, grosse surprise, car je ne m'étais vraiment pas attendu à ça. Ici, pas de tabous : on parle de sexe comme on parle de deuil, de désir interdit, de virginité, mais aussi de colère, de regrets, de honte... bref de sujets et de sentiments qui passent parfois sous silence, plus ou moins consciemment.

Lennie est une jeune fille de 17 ans ayant perdu sa soeur aînée à peine un mois plus tôt. Déboussolée, perdue, elle se retrouve plus seule que jamais et ne sait pas gérer cette absence qui lui semble trop lourde à porter. Alors elle va se tourner vers celui-ci qui ne peut que partager sa douleur, celui qui comprend ce qu'elle ressent et qui se retrouve tout aussi seul – voire plus – qu'elle : le petit ami de sa soeur, Toby. Une relation rapidement ambigüe et surtout dérangeante va s'installer entre les deux. Un moyen de combler le vide qu'a laissé Bailey en s'en allant subitement, une façon de surmonter le chagrin que sa mort a provoqué ? Peut-être. Sûrement. Mais comme tout le monde le sait et comme eux-même en ont conscience, ça n'est pas la meilleure chose à faire. Pire, ça ne se fait pas. Alors Lennie, surnommée John Lennon, va se retourner vers cet être déroutant et rayonnant qui va peu à peu lui redonner le sourire. Mais est-ce juste, normal de sourire alors qu'on a perdu sa soeur et qu'on s'éloigne soi-même de sa propre famille ?

Sous ses notes humoristiques et ses accents de vérité, ce livre est aussi bourré d'émotions. Lennie a perdu sa soeur, l'être qui lui était le plus cher et avec qui elle partageait tout – ou presque – et se rend compte que malgré la mort de celle-ci, le monde continue de tourner, le temps ne s'arrête pas. Et puis elle réalise aussi que se fermer aux autres n'est en aucun cas une solution, car non seulement ce n'est pas bon pour elle, mais en plus ça fait souffrir ses proches : sa grand-mère pour le moins bizarre mais si attachante, son oncle plutôt gros nounours au cœur tendre et sa meilleure amie, qui eux aussi souffrent de la disparition de Bailey et ont besoin de soutien, même si Lennie ne semble pas le remarquer de suite, beaucoup trop emmurée dans sa peine – et qui peut la blâmer pour ça ?

Ce livre s'apparente un peu à une leçon de vie, en quelques sortes. Le deuil, l'amour, l'amitié et d'autres sentiments sont traités de façon juste et musicale, soulevant des questions dans nos esprits. Est-ce bien d'être heureuse alors qu'on est censé pleurer la personne qu'on a perdu ? Que penserait-elle de tout ça ? Comment faire pour avoir moins mal ? Qu'est-ce qui est correct et ne l'est pas ? Ça fait réfléchir l'héroïne mais ça nous fait également réfléchir à nous, qu'on ait déjà vécu ce genre de situations ou pas. Et ça nous serre le cœur, bien que l'excentricité de la famille, entre autre, ne manque pas de nous faire rire – tout comme la musique, qui tient une grande place dans le livre, ne manque pas d'apporter un petit quelque chose de doux qui apaise un peu les cœurs.

Un livre plein de valeurs, qui se lit vite (je l'ai lu en une seule après-midi) et qui est appréciable, bien que très émouvant.

Lettre à mon ravisseur, de Lucy Christopher


Résumé :

Ca s'est passé comme çà.
J'ai été volée dans un aéroport. Enlevée à tout ce que je connaissais, tout ce qui était ma vie. Parachutée dans le sable et la chaleur. Tu me voulais pour longtemps.
Et tu voulais que je t'aime.
Ceci est mon histoire. Une histoire de survie. Une lettre de nulle part.
Un thriller psychologique qu'on ne peut ni arrêter, ni oublier.


Edition Gallimard (scripto)
346 pages ; 13€
Publié le 09 septembre 2010

Lettre à mon ravisseur est une de ces lectures qui vous en laisse gros sur le cœur, à laquelle vous n'arrêtez pas de penser et qui vous a tellement touché que rien que d'y songer, vous en avez les larmes aux yeux. Le genre d'histoire qui suscite en vous des sentiments contradictoires mais forts et qui chamboulent un peu tout ce à quoi vous croyez sur le sujet.

J'avais lu de très bons avis sur le sujet, des un peu moins bons, mais tous me donnaient envie de voir par moi-même ce que ça donnait. Et je n'ai vraiment été déçue, car j'ai vraiment été transportée dans le désert australien servant de décor à l'histoire, à des lieues de ce qu'on connait, perdus au milieu d'une nature sauvage, à la fois terrible et merveilleuse.

Le début n'est en aucun cas une surprise puisqu'on sait que Gemma se fait enlever. Là où ça commence à devenir intéressant, c'est lorsqu'on se rend compte des raisons qui ont poussé Ty à faire ça et des sentiments qui animent ce dernier. On pourrait le penser fou, avec ses moments de violence et ses yeux intenses, aussi beaux que dangereux, mais il n'en reste pas moins attachant. C'est peut-être incompréhensible au début, on se demande comment on peut s'attacher à un « monstre » qui a trouvé le moyen d'enlever une jeune fille de 16 ans et qui, en plus, avait tout prémédité. Mais c'est bien le cas, car même si on déteste Ty pour ce qu'il lui fait subir et qu'on comprend la peur et la peine de Gemma, on ne peut s'empêcher de s'attacher à lui au fur et à mesure qu'on apprend à le connaître, qu'on découvre son histoire, qu'on cerne ses réactions, et qu'on se rend compte qu'il peut se montrer très doux et attentif.

C'est ainsi que Gemma va en venir à s'attacher à lui, progressivement. Elle ne s'en rend pas vraiment compte et son désir de s'enfuir est toujours aussi présent – elle a été enlevée, elle ne l'oublie pas et elle ne peut l'oublier, mais peu à peu elle va s'intéresser aux histoires qu'il va lui raconter, au travail qu'il fournit chaque jour pour vivre dans ce désert de sable ; et des sentiments, d'abord imperceptibles puis plus ambigus, vont naître en elle. Des sentiments qui vont rendre sa libération plus difficile qu'elle ne l'aurait cru et qui vont la pousser à écrire une lettre, celle qu'on lit, mais pas n'importe qu'elle lettre : une « lettre à son ravisseur ». Et le fait que Gemma s'adresse directement à Ty pour raconter les faits donne une dimension plus poétique et plus émouvante au récit, qui n'en devient que plus touchant.

En bref, j'ai trouvé cette lecture assez saisissante. Le rythme est loin d'être rapide, et c'est loin d'être une romance à proprement dite, mais c'est vraiment, vraiment beau.

vendredi 21 janvier 2011

La forêt des damnés, de Carrie Ryan


Résumé :

Dans le monde de Mary, il y a des vérités simples. Les Soeurs savent toujours le mieux. Les Gardiens protègent et servent. Les Damnés, revenus de la mort, ne renonceront jamais. Et il faut se méfier de la clôture qui entoure le village. La clôture qui les protège de la Forêt des Damnés. Mais peu à peu, les vérités de Mary s'effondrent et son monde est plongé dans le chaos. Un monde post-apocalyptique peuplé de zombies. 


Gallimard Jeunesse
381 pages ; 15.50€
Publié le 11 février 2010


La forêt des Damnés est un livre que je lorgnais depuis très longtemps et finalement, j'ai pu le lire grâce à Elise, une lectrice connue sur la toile qui n'a malheureusement pas accroché et qui me l'a très gentiment offert. D'ailleurs si tu me lis, un grand merci !!

J'ai donc commencé ce livre avec quelques appréhensions et ne m'étant pas vraiment informée sur le roman avant de l'ouvrir, j'ai été assez surprise que l'ambiance soit si sombre et si glauque. Ma lecture m'a provoqué de lourds frissons, et pas toujours de plaisir, croyez-moi !

Mary vit dans un village complètement cerné par une forêt « de mains et de dents » où vivent les Damnés et dirigé par la Congrégation, mise en place par des Sœurs et servant à assurer la sécurité du peuple, soit-disant le seul qui ait survécu au Retour. Mais Mary est une jeune fille plein de rêve et lorsqu'elle perd tout – ses parents devenus Damnés et son frère l'ayant rejeté, son espoir de vivre une autre de vie et de voir le fameux océan dont lui parlait sa mère devient de plus en plus fort ; au point même d'en devenir une obsession lorsque tout ce qui reste de leur ancien village se résume à son frère, finalement revenu vers elle ; à Harry, son promis ; à Travis, celui qu'elle aime et à Cass, sa meilleure amie. Ensemble ils vont se lancer en quête d'une autre vie, d'un endroit où survivre ; mais quand on évolue au milieu de la Mort faite de chair et de sang, pas facile d'avancer, de garder la tête haute, de garder la foi et de vivre.

J'ai trouvé le récit assez accrocheur et je me suis rapidement attachée à Mary, bien que certains de ses comportements peuvent être jugés comme égoïste. Au fond, elle est simplement courageuse et c'est peut-être ça qui déplait, car je sais que personnellement, je n'aurais pas fait le quart de ce qu'elle a fait en risquant les seules choses qui lui restent et les seuls êtres qui comptent à ses yeux. J'ai donc maudit ses choix, oui, car ceux-ci sont lourds de conséquences et m'ont souvent serré le cœur, mais j'ai aussi compris ce qui la poussait à avancer et à croire en un avenir meilleur, ou tout simplement à un avenir, car rester en vie se révèle être un combat sans fin dans cet univers – un combat que certains perdent, ce qui m'a vraiment attristé car j'avais fini par m'attacher à certains personnages. La fin du livre est vraiment très émouvante, promesse d'avenir pour notre héroïne mais faite d'incertitude (ce qui m'amène à regretter que le tome 2 ne se passe pas directement après...). Sans pour autant être un coup de cœur, je pense que c'est une lecture qui m'a marqué à sa façon par la lourdeur de son ambiance, et par dessus tout par les sentiments qu'elle dégage (à condition d'accrocher, car comme Elise, certains lecteurs n'ont pas été aussi touchés que moi). Je ne regrette pas de l'avoir lu !

Le tome 2, prévu pour le 17 mars 2011, s'intitule Rivage Mortel ; et le tome 1 paraîtra en version poche la même semaine avec une nouvelle couverture (que je trouve personnellement sublime !) :